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 La musique est l’un des miroirs de l’âme, a-t-on peur d’y observer notre reflet ? [Pv Nora]

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MessageSujet: La musique est l’un des miroirs de l’âme, a-t-on peur d’y observer notre reflet ? [Pv Nora]   Sam 27 Jan - 17:12



« Chanson de merde, chanson de merde, chanson de… »

Ce jour-là Baran s’était levé du mauvais pied. La veille jusque tard dans la nuit le jeune homme avait écouté un véritable panel de musiques jouées au violon. Pour lui, la Terre n’avait rien de mystérieux et en tant qu’autodidacte amateur recopier les musiques était surtout une formidable occasion de faire fonctionner son oreille. Il se complaisait à retrouver petit à petit les notes d’une musique comme un puzzle que l’on complète petit à petit.  Néanmoins, ce n’était pas non plus un grand dégourdi accro à la musique ou à la discipline et son violon était là à l’origine pour lui permettre de se détendre et de se laisser aller à produire une musique qui lui fasse du bien. Ainsi, les musiques qui lui passaient par la tête faisaient souvent leur chemin jusqu’à sortir totalement de son esprit et tomber dans l’oubli.

Pourtant ce matin le musicien à ses heures était comme hanté. Sa première pensée, son premier pas et ses premières plaintes avaient été adressés à cet air de violon. Impossible de le sortir de sa tête. Un air bête et méchant que tout le monde a potentiellement déjà entendu dans sa vie. Le genre de ritournelle qui tourne et retourne dans la tête. Mais alors pourquoi cette fois, cet air refusait de s’en aller ? Après sa douche Baran se surprit à siffler cette même musique. En se brossant les dents et en retournant dans sa chambre la mélodie ne l’avait pas quitté et tandis que d’autres préoccupations auraient dû l’assaillir, pas moyen de penser à autre chose. Si bien qu’à un moment son cerveau vrilla. C’est à l’heure où tout le monde s’en allait se remplir le gosier que Baran s’était armé de motivation. Il saisit l’étui de son violon d’une main ferme et prit la direction de l’étage du dessus. Une superstition avait bercé son enfance ; chaque fois que Baran tentait désespérément de dépasser une obsession sa mère lui expliquait : "Écoutes-moi Baran, si une idée t’obsède alors confrontes toi à elle. Joue la, chante la, exprime la de toutes les façons que tu pourras imaginer et au bout d’un moment cette obsession disparaîtra comme elle est venue."


*Faites que ça marche.*

A cette heure, Baran ne fut pas tellement surprit de ne trouver personne dans la salle de musique. D’un autre côté ça n’était pas plus mal. Il prit place debout dans la salle et fut saisi par le silence autour de lui. Il fit glisser son archet sur les cordes de son instrument et peu à peu les notes se mirent en place. Il lui fallut un bon moment pour retrouver le morceau qui l’intéressait pourtant mis bout à bout c’était une évidence et n’importe qui aurait su la reconnaître. A un moment donné, quand les choses semblèrent concorder Baran stoppa. Il prit une profonde inspiration et fit preuve d’une certaine force de concentration. Il pouvait presque sentir que son calvaire allait prendre fin. Comme si le précepte de sa mère était en quelque sorte une formule magique. Le musicien amateur posait doucement son archet et commença à jouer. Il joua la chanson qui l’obsédait tant avec beaucoup d’ardeur et d’application. Une idée grotesque germait en lui, peut-être que s’il réussissait à la jouer parfaitement sans faire une seule fausse note alors son esprit en serait libéré.

Autour de lui la musique vivait dans les vides de la salle. Baran qui avait tant cherché à se sortir cette chanson de la tête ne se rendit même pas compte que la mélodie l’avait déjà quitté. Il n’était en fait mû maintenant que par le simple désir d’aller au bout de son effort. L’air de violon se termina comme cela avait commencé et un sourire béat éclairait à présent le visage de l’étudiant qui profitait d’un esprit libéré et satisfait. Il était si loin perdu dans ses pensées qu’il était resté là, debout, son archet dans une main et son violon dans l’autre.
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