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 Se Jeter dans la Gueule du Loup (PV Masaru)

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Sayuri Gôto
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MessageSujet: Se Jeter dans la Gueule du Loup (PV Masaru)    Dim 15 Oct - 16:26

Se Jeter dans la Gueule du Loup

Masaru n'a pas changé, il a toujours l'art et la manière d'avoir l'air d'un mannequin sur une brochure de mode. Peu importe l'heure ou le moment, qu'il soit tout juste sorti du lit ou sur le point de s'écrouler d'épuisement, il parvient chaque fois à être aussi sexy et je suis sûre que même lorsqu'il est assis sur la lunette des toilettes, il est à se damner. C'est idiot, mais c'est tout ce qui me vient à l'esprit alors qu'on attend patiemment rangé en rang dans le couloir du hall et qu'il vient d'apparaître après un long week-end de gardes sans repos, les yeux voilés comme s'il venait tout juste d'avoir un orgasme et la malice au coin du regard. Il est tellement sûr de lui, pleine d'une assurance qui me fait frémir et me retourne l'estomac. Jamais, je n'aurai cette assurance-là.

Masaru et moi, on est comme le jour et la nuit, différents à tous les niveaux, différents au point de n'avoir jamais foulé du pied le même pavé, comme deux funambules posés sur des lignes parallèles, destinés à s'apercevoir sans jamais se croiser. Je n'ai de Masaru que des impressions et des souvenirs vieux d'une dizaine d'années, mais même ces derniers ne sont pas vraiment miens. Ce sont les propos d'Aiko et les histoires de Tsukasa, ces bribes et ces rumeurs que j'ai volé à la dérobée d'une conversation, ce qu'ils ont bien voulu me raconter sur ce démon au sourire d'ange qu'est Masaru. Je le sais, je ne le connais pas du tout. On a jamais été amis et on ne s'aime pas. Cela dit, si on a aucune de raison de s'apprécier, on en a pas non plus de se détester. De s'éviter peut-être, mais de se haïr ? Certainement pas! Alors pourquoi, ai-je cette horrible impression qu'il va être tout, sauf heureux de me voir ?

Ce n'est pas logique, reprend-toi, Sayuri.
Bon sang ma fille, sois professionnelle !


Masaru commence son inspection, il prend nos fiches - celles des nouveaux internes - et se met à feuilleter les pages avec cette nonchalance caractéristique qui a le don de donner des frissons à n'importe quelle midinette en chaleur du coin et, à ma grande honte, je ne fais pas exception. En fait, je suis la première accrochée à la route que ses doigts tracent sur les mots, puis dans ses cheveux pour remettre quelques mèches indisciplinées derrière son oreille si pelucheuse et ronde, animale. Il s'humecte le bas de la lèvre et je déglutis, bruyamment.

Plusieurs regards amusés se tournent dont le sien, dur et froid, aussi tempétueux qu'un orage en pleine mer. Je sens mes joues qui me brûlent et je baisse la tête, rapidement.

Bravo pour le professionnalisme, ma grande !

Je n'avais vraiment pas envie qu'il me remarque comme ça...
Le col de ma robe d'infirmière se met à me gratter affreusement et je me fais violence pour ne pas l'écarter et me donner encore plus en spectacle. J'ai le don de me figer, bafouiller ou faire d'étranges crises d'urticaire quand je suis stressée, c'est devenu moins important avec les années, mais ça n'a pas totalement disparu. Je sais que Masaru saura reconnaître les signes de ma nervosité et je ne suis pas certaine qu'il ne compte pas utiliser cela à son avantage. C'est le truc avec Masaru, il a toujours l'air de vouloir préparer un mauvais coup, même quand il est gentil. Je n'ai jamais eu totalement confiance en lui, c'est plus fort que moi, il me terrifie. Je ne suis pas à l'aise en sa présence et je doute l'être un jour.

C'est très ironique en un sens, parce que je savais pertinemment qu'il serait dans ce pensionnat quand j'ai postulé pour entrer à Monokuro.
En fait, je savais même très bien qu'il serait mon chef de service.
Alors qu'est-ce qui m'a pris franchement ? Qu'est-ce que j'espérais en débarquant du jour au lendemain à son école ?

Des réponses, -me répond automatiquement mon esprit.- et Shannon.

Shannon. Le nom roule sur le bout de ma langue et je retrouve un semblant de contenance.

Oui, Shannon. Mon petit Shannon, c'est pour lui que je suis ici. -me forçai-je à penser, une main enfouie dans le bas de ma jupe à l'arrière, pour la baisser un peu plus bas que les cuisses, jusqu'aux genoux.-

Shannon, qui depuis des années ne parle plus avec son père. Shannon qui vit chez moi et que je vois souffrir au quotidien de l'absence d'une mère morte et d'un paternel irresponsable qui a préféré le fuir plutôt que de l'élever. Évidemment, ce n'est pas comme si je pouvais attraper Masaru par le bras et le traîner dans une pièce pour lui hurler dessus. Même-moi, je suis un tantinet plus subtil que ça, sans parler du fait que financièrement j'ai besoin de ce job et qu'il n'hésitera  pas à me faire virer si je lui manque de respect. Le processus sera plus long et fastidieux qu'une simple conversation à franc jeu, plus complexe et exigeant en terme de temps qu'une dispute, mais si j'arrive, ne serait-ce qu'un tout petit peu, à percer la carapace du démon à jour, alors, peut-être que je pourrais tenter, ne serait-ce, au moins, qu'essayer ? De le pousser à revoir son fils.

Et enfin tenir la dernière promesse que tu as faite à Aiko. -réalisai-je-

C'est forte de cette conviction que je me redresse quand j'entends ses pas qui s'approchent et sa voix, en train d'interroger l'infirmière qui me précède. Je sais que cet entretien n'est qu'une formalité qui vise à vérifier qu'on a bien saisi toutes les règles de l'école, mais je ne peux pas m'empêcher d'avoir envie de prouver que je suis la plus qualifiée parmi toutes ces filles. Je me suis donnée à fond pour obtenir ce poste, je n'ai pas arrêté ! Et je compte bien continuer sur ma lancée pour obtenir le poste d'infirmière en chef et me tenir à ses côtés.

Mon tour arrive enfin, mais je fixe obstinément le mur d'en face, pour éviter de croiser son regard d'anthracite, à mi-chemin entre le houleux bleu de la mer et le gris de l'asphalte. Je dois déjà supporter son électrisant proximité et son entêtant parfum de musc. Dieu seul sait , ce que ce parfum a comme effet sur les femmes. Je l'ai constaté sur Aiko. Je l'ai constaté à chaque fois qu'on a fait des sortis entre amis et qu'il était là et plus que tout, je le constate aujourd'hui, après dix ans de célibat forcé et une libido que je croyais avoir enterré avec la mort de mon magnifique fiancé. Mon ventre rugit à cette odeur brute de mâle et de sexe. J'en tremblerai. Franchement, je me dégoûte presque. Depuis quand suis-je obsédée au point de passer mon temps à baver sur Masaru et à penser, à, à.. ÇA, alors que je suis veuve et au beau milieu d'un pensionnat rempli d'adolescent pré-pubères ?

Il n'y a qu'une possibilité et c'est que je suis vraiment devenue une vielle  fille. Merveilleux, fantastique, génial, c'est vrai quoi... On a tous envie d'être frigide à trente quatre ans !

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MessageSujet: Re: Se Jeter dans la Gueule du Loup (PV Masaru)    Lun 16 Oct - 5:59

Se Jeter dans la Gueule du Loup


Les journées comme celle-là, je préfère les éviter. Si j'ai choisi de m'isoler dans ce nid à cafards, ce n'est très certainement pas pour retrouver un semblant de vie sociale, bien au contraire. Il est plus qu'évident que ces dernières années j'ai fait tout mon possible pour ne pas me coltiner un quelconque assistant ou autre forme d'animal de compagnie. À croire que les candidatures sont si affluentes qu'ils se contrefichent bien des raisons des précédents départs. Est-ce que les petits nouveaux sont au courant au moins que leur prédécesseurs sont pour la plupart parti par ma faute ? Je doute que se soit indiqué dans l'annonce à laquelle ils ont dû postuler ; Les pauvres. Vais-je devoir pour la énième fois pousser une soufflante dans les bureaux pour leur faire rentrer une bonne fois pour toute dans le crâne que je n'ai pas besoin de partenaire ? Non, mieux -ou pire-,  ce n'est pas que je n'en ai pas besoin, c'est essentiellement que je n'en veux pas. Non loin de moi l'envie de voir traîner entre mes pattes un cloporte qui ne ferait que me ralentir en perturbant ma routine. Ai-je la tête d'un homme enclin à changer sa façon de travailler en fonction des autres ? Non, non et définitivement non. Pour rien au monde je ne changerai mes habitudes pour une tiers personne, encore moins si cette dernière m'est en plus de ça inférieure.

Comment vais-je devoir m'y prendre alors pour passer l'envie à ces petits imbéciles de vouloir travailler ici ? Il va me falloir trouver quelque chose pour les en dissuader et plus exactement les dégoûter de telle sorte qu'ils propagent à l'extérieur de vilaines rumeurs. J'en ricane d'avance de délectation à la perspective de tous ce que je pourrai leur faire subir tant et si bien qu'il me semble avoir vu numéro trois se redresser soudainement, comme s'il venait de s'enfoncer un balais dans les fesses. Es-ce que je lui fais peur ? Mon rire était-il si étrange ? Je ne peux pas lui en vouloir après tout. C'est difficile de faire face à un aussi gros félin sans serrer le popotin.

-En voilà un qui n'aura pas sa chance. Me murmurai-je à moi-même lorsque je passe devant le candidat au poste d'Infirmier. J'aime que l'on me craint autant que les chiffe-molles me répugnent.

Le couloir qui mène à mon antre, celui-là même que j'arpente sans interruption depuis deux nuits me donne pour la première fois en plus de quatre ans, l'effet du « Death Row ». Est-ce qu'ils se sentent comme sur le point de monter à la potence ? Je sens des frissons parcourir mon corps à l'idée d'être leur bourreau. L'ambiance particulière et quelque peu déjanté de ce pensionnat semble déteindre sur moi j'en ai bien peur. Mon regard se pose sur la première feuille présente dans la liste et j'y vois alors le curriculum vitae d'une jeune enfant qui sort à peine de ses études. Pauvre bichette, elle va devoir se trouver une prairie à brouter. Je ne prend pas la peine de dire quoique se soit, je laisse simplement la mine de mon crayon retranscrire sa sentence sur le papier avant de passer à la suite avec agacement.

-Tu n'as rien à faire ici. Encore une remarque que je passe sous silence. Cette dernière est toutefois adressée à une personne en particulier, une femme qui, comme je viens de l'affirmer, n'a strictement rien à faire en ces lieux.

Sayuri Gôto. Que fait donc ce bout de femme là ? Qu'est-elle venue foutre dans cette école ? Dans MON pensionnat et de surcroît, dans MONOKURO. Aussitôt, à l’aperçut de son nom, à la vue de sa silhouette, à la sensation que me laisse son regard sur moi, ma gorge me gratte, mon souffle me manque, ma cavité se rétracte. Systématiquement je relève le bras pour étendre mes doigts de sorte à atteindre mon nœud de cravate pour le défaire, ce qui à pour effet d'ouvrir mon col et laisse à ma paume d'Adam une voie libre à sa circulation. Un geste qui en d'autre circonstance passe inaperçue, produit en cet un instant un effet plaisant sur les nouvelles recrues. Je peux les sentir se crisper et ça me plaît. Le silence macabre qu'ils se sont imposés et que je laisse s'éterniser exprès est malgré moi interrompu par un son que je n'ai aucun mal à identifier.

-Coquine.

Oh que oui je t'ai entendu. Je sais ce que ça signifie, je sais parfaitement ce que veux dire un tel son. Tu viens de déglutir n'est-ce pas ? Tu essaiera très certainement de le nier, mais nous savons tous les deux que ce n'est pas par crainte que tu l'as fait mais par désir. Combien penses-tu que j'ai côtoyé de femme pour devenir sensible à ce genre de réaction. Je ne suis pas un maître ni même l'égal de Sherlock Holmes, mais, je n'en suis pas moins suffisamment expérimenter pour savoir reconnaître quand on a des vues sur moi.  

Cela étant, que ça vienne de toi, ça me répugne. Toi parmi toutes les autres, que tu sois celle qui a eu pareille réaction, ça m'agace. C'est décidé, tu sera la première à partir les larmes aux yeux, tu sera celle qui servira d'exemple et avertissement avant que j'annonce les unes après les autres les réponses que vous attendez tous. À la fin, il n'y aura pas âme qui vive dans ce couloir et je pourrai alors retourner dans ma salle pour poursuivre la sieste de laquelle j'ai été extirpé. Mes doigts s'agitent, mon poignet remue, mon stylo griffonne sur les feuilles de candidatures pour s'arrêter sur celle où la photo de la brune est visible, et, l'envie d'y dessiner une moustache est palpable.

C'était inévitable, je devais m'y attendre. Quand je passe devant elle, je ne parviens pas à empêcher mes sens de réagir à l'arôme de son parfum, à  la fragrance qui émane de son corps. Cette senteur florale qui se mêle à la douceur du miel et à l'amertume du chocolat. Tout mon être trésaille alors que ça ne s'était jamais produit auparavant, il y a plus d'une dizaine d'année. C'est étrange, c'est la première fois qu'elle provoque chez moi une telle sensation. Mes paupières se ferment un court  instant pour mieux capter le reste des ingrédients qui la compose afin de mettre le doigt sur celui parmi tous qui m'interpelle temps : Les phéromones. Voilà ce qui a changé depuis notre dernière rencontre, elle dégage ce petit quelque chose que les femmes célibataires produisent pour signaler qu'elles sont « open ». Je ne la pensais pas comme ça.

-Vous pouvez tous dégager.

Ma voix s'élève enfin dans une tonalité rauque et lugubre marquée par le manque de sommeil et le besoin d'une tasse de café. Mes doigts s'affirment et mon carnet claque, ce qui a pour effet d'en faire sursauté quelques uns. Je peux lire sur leurs visages l'incompréhension et le mécontentement.

-On ne vous l'a peut-être pas dis, mais nous n'avons pas besoin de personnes à chaperonner ici.  Enfin, pour être honnête. Disons seulement que je ne vous veux pas dans mes pattes.

Osai-je avouer sans la moindre honte ni peine à leur égard. Mon sourire à lui seul suffit pour démontrer combien je me réjouis de les voir s'insurger. Je passe un pied en avant pour les rappeler à l'ordre puis un autre pour les discipliner avec plus de fermeté encore.

-Saviez-vous avec qui vous alliez travailler avant de venir ici ? Etiez-vous au courant que j'étais à la tête de ce service ?

Je suis certains que parmi eux, certains l'étaient, d'autre sont même sûrement venu parce que j'y suis. Ma réputation n'est plus à faire et ce ne sera pas la première fois qu'on vienne à moi non pas pour mes compétences dans la médecine mais pour les petits bonus qu'apporte l'expérience de mon célibat. En est-il de même pour elle ?

-Quoiqu'il en soit, comme je l'ai déjà dit, vous pouvez dégager. Je ne veux pas de vous ici.

Je marque une courte pose, mes phalanges ajustent ma blouse, mon visage bascule et mon bras fini par se tendre pour que pointe mon index dans la direction de l'imbécile glutissante.

-Sauf toi, tu restes. J'ai des choses à voir avec toi en privé.

Et voilà que la basse-cours reprend ses droits. Je peux déjà entendre les dindes glapirent et devine facilement la raison. Elles doivent très certainement ce dire que la petite nouvelle que je viens de désigner va avoir droit à son heure de plaisir. Quelle douce et délicieuse réputation qu'elle vient déjà de se faire.

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MessageSujet: Re: Se Jeter dans la Gueule du Loup (PV Masaru)    Lun 16 Oct - 14:02

Se Jeter dans la Gueule du Loup
-Vous pouvez tous dégager.

Pourquoi faut-il que Masaru Hishima sente aussi bon et soit planté juste en face de moi alors qu'il parle de cette voix chaude et rauque, si masculine ? Le timbre a beau en être cassé par le sommeil et les paroles acides, quand je l'entends parler, je me sens fondre, et je maudis fiévreusement mes hormones de femme frustrée.

Seigneur, je suis pire qu'une femme enceinte !


Je ne peux empêcher mon ventre de se tordre nerveusement à sa proximité et je me mords l'intérieur de la joue, serre les cuisses alors qu'il parle et parle. Sa pomme d'Adam descend et remonte, je peux en suivre l'impeccable mouvement et même deviner la veine battante à sa gorge, poum, poum, poum. Une vague de sueur coule dans mon dos, froide et chaude, et j'ai un méchant frisson, comme une araignée qui descend dans mon dos et plante ses huit pattes le long de ma peau. Je secoue la tête. Allez, Sayuri ! Je n'arrive même plus à me concentrer sur ce qu'il dit, s'il m'interroge dans cet état, j'aurai l'air fine. Oh Masaru, c'est un crime d'être aussi attirant. Mes ongles se plantent dans la paume de ma main. Je regrette tellement le temps où mon Tsukasa était vivant et où un regard de Masaru ne m'intéressait pas plus que la dinde morte dans mon assiette. En cette longue minute, il me semble que c'est une époque si lointaine qu'elle n'a jamais existé.

-Quoiqu'il en soit, comme je l'ai déjà dit, vous pouvez dégager. Je ne veux pas de vous ici.

Bah voyons, c'est tellement typique de Masaru.
Je roule des yeux, même si intérieurement, je suis admirative. Il a toujours eu un culot et une manière de parler aux gens qui lui sont bien propres. Avec n'importe qui d'autres, ce serait le procès ou la baston assurée, mais Masaru, il a ce talent et ce charisme qui font que presque personne n'ose le défier. Il assoit son autorité de façon naturelle et je connais très peu de gens qui ont été capable de le battre à ce petit jeu-là, hormis Tsukasa et Alexander peut-être. Cela dit, je me suis toujours sérieusement demandée qui de Tsukasa, ou Masaru, prenait les décisions au final. Agissaient-ils sur un accord commun ?

J'ai tendance à penser que Tsukasa était celui qui tempérait Masaru et Masaru, celui qui dirigeait le groupe. Pas parce que Tsukasa était soumis ou faible, bien au contraire, plus parce qu'il avait l'intelligence de laisser à son ami le soin de prendre les reines. Masaru, il a ce besoin de dominer, de se sentir maître de son destin et de tout ce qui l'entoure en général. Il n'aime pas perdre les pédales, ou être pris au dépourvu. Il a besoin de prendre chaque décision lui-même pour se sentir fort et libre. Si ce n'était pas le cas, pourquoi n'aurait t-il jamais demandé Aiko en mariage ? Masaru déteste que quelqu'un, peu importe qui, puisse avoir un impact qu'il ne désire pas sur sa vie. C'est bien pour ça qu'il fuit Shannon comme la peste. Je pense que cela doit avoir un rapport sérieux à son enfance, mais je ne suis pas psychologue, et je doute qu'il apprécie que je tente de le psychanalyser, alors ce n'est pas comme si je pouvais demander pour confirmer mes soupçons. En fait, si j'osais aborder le sujet, je pense qu'il serait tout bonnement, froidement, fu...

-Sauf toi, tu restes. J'ai des choses à voir avec toi en privé. 

Hein ?
Je cligne des yeux à plusieurs reprises et fixe son doigts pointé dans ma direction, bêtement. Pour un peu, je loucherai presque dessus. Tout autour les gloussements résonnent et je me sens rougir, alors que j'attrape un murmure salace, suivi d'un petit « chanceuse ».
Je ne sais pas pourquoi, mais en cet instant, la remarque m'énerve et me révolte. J'en ai les épaules qui se crispent et les sourcils qui se froncent d'agacement. Mince, je ne suis pas une fille de ce genre-là, je ne suis pas aussi facile !

Et lui, se tape-t-il à ce point là tout ce qui bouge pour qu'elles s'attendent toutes à se faire prendre comme des chiennes en chaleur dés le premier jour ?

Je n'ai pas besoin de le regarder ou de repenser à ma question pour savoir que la réponse est oui. Plus que tout cette constatation me rend furieuse. Je ne veux pas qu'on me classe dans cette catégorie, je ne veux pas faire partie de ces filles-là. Je ne suis pas une de ces midinettes en chaleur venue parce qu'elle était en manque d'affection et avait besoin de se faire réchauffer l'entre-jambe par un bel albinos en blouse blanche. Je ne suis pas ici parce que la rumeur court qu'en plus d'être un Apollon, Masaru manie aussi bien la queue que le crayon.Dieu du sexe, non, merci, je ne suis pas intéressée ! Attirée, sans doute, mais absolument pas une de ces femmes qui veut écarter les cuisses et ne demande qu'à se faire mettre. Les narines frémissantes, je croise les bras et je montre le clair signe de mon mécontentement sous les regards agacés et jaloux de mes collègues féminines. Les quelques hommes, eux, me regardent les yeux brillants d'espoir et d'une lueur prédatrice qui ne me dit rien qui vaille. Se disent-t-ils que, puisque je réagis de cette façon, c'est que Masaru ne me plaît pas et qu'ils ont leur chance ? C'est bien ma veine, je n'ai pas besoin d'une cours d'admirateurs, comme dit, je ne suis pas intéressée.

-Tu aurais pu demander de façon plus discrète. -je marmonne dans ma barbe, alors que je me cale sur le pas de Masaru, juste à côté de lui, la tête toujours baissée tandis qu'on s'éloigne des autres et de leurs chuchotements incessants. Comme le crépitement d'un feu à peine allumé, à la manière d'un incendie, les ragots auront tôt fait de se répandre.

...

Dans les couloirs qu'on traverse désormais, aux sous-sols de l'établissement, tout est sombre et noir, frais. Ce n'est pas une ambiance que j'apprécie sincèrement, c'est terriblement lugubre et je sens que le soleil me manque déjà. Inconsciemment, je porte une main à mon poignet que je masse, et je me demande s'il a vu le geste. On a beau être en tête à tête depuis plusieurs minutes, Masaru ne m'adresse ni un regard, ni un geste, il fixe simplement le bout du couloir. J'avais beau être en colère il y a deux minutes à peine, être seule, avec lui, dans un tel environnement, c'est stressant. En plus, maintenant qu'il n'y a plus âme qui vive autour de nous, je peux deviner le délicieux et subtil arôme de son sang. Rien qu'à le sentir, je sais qu'il est sucré, exactement comme je les aime. Vilaine Sayuri, ne pense pas à ça ! Je m'humecte la lèvre inférieure et demande avec hésitation.

-Où va-t-on comme ça Masaru, ton bureau ? Et, de quoi veux-tu me parler exactement ?

Je m'arrête et me cale contre un mur, la pierre froide m'aide à reprendre de la contenance, de l'assurance, elle m'ancre sur mes deux pieds à la réalité.

-Si tu te demandes pourquoi je suis ici, sache que c'est parce que ça m'arrange. Le travail est très bien payé et j'ai envie d'être avec les enfants. En plus, on a recommandé ma candidature. Ça n'a rien avoir avec toi. -je mens en partie, mais avec Masaru, c'est sans doute préférable.- Et je ne compte pas partir, je vais rester... quoi qu'il m'en coûte. Donc, si tu compte discuter de ça, ce n'est pas la peine. Je préfère retourner travailler avec les autres...Je ne comprends pas ce que tu peux vouloir
à une petite nouvelle dans mon genre.


Je sais, je sais pertinemment que défier Masaru est tout SAUF une bonne iniative de ma part. Mais alors que je suis plantée là, à attendre qu'il se tourne vers moi, me parle, ou m'explose à la figure, je ne peux m'empêcher d'être excitée par la situation. Et ça me dégoûte, me répugne. Je me console en me disant que de toute façon, j'ai toujours été ainsi, fonceuse et irréfléchie, ce n'est donc pas totalement détestable de ma part. Séduite ou pas, je reste qui je suis et Sayuri Gôto ne laisse personne lui marcher sur les pieds, pas même le Diable et son sourire moqueur, ni ses yeux couleur d'orage qui te retournent sans dessus-dessous d'un simple coup d’œil en coin.

Non, même pas Satan...
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MessageSujet: Re: Se Jeter dans la Gueule du Loup (PV Masaru)    Mar 17 Oct - 17:28

Se Jeter dans la Gueule du Loup


Lugubre, sombre et humide, c'est là le genre d'environnement que je n'aime pas mais qui au cours des dernières années j'ai fini par m'habituer. Est-ce que j'affectionne ce type de lieu ? Fut un temps ou mon quotidien était fait de l'ambiance des bars et des chaudes soirées en boîte de nuit,où, avoir un cercle de connaissance autour de moi ne m'étais pas déplaisant. Hors, aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Ces connaissances que j'ai côtoyé, je les ai perdu de vu de la même manière que je me suis engouffré dans les méandres de mon drame, de ma tristesse, de mon enfer. L'extérieur a pour moi l'effet d'une mine à charbon, je ne sais pas si un jour j'y trouverai ce pourquoi on me force à creuser. Alors, ne suis-je pas mieux ici ? Dans cet établissement miteux qui ne manque pas de rebuter certains individus. J'étais pourtant si bien dans cette antichambre d'infortune, alors pourquoi vient-elle me déranger ? Qu'est-ce que cette idiote vient foutre ici, sur mon territoire, dans mon domaine, pourquoi dans cette école et surtout dans cette ville en particulier ? Est-ce un hasard ou bien l'a -t-elle fait exprès ? Est-elle venu d'elle-même me chercher dans ce caveau ? Cette femme est décemment stupide si c'est ça. Alors, pourquoi est-ce que je souris depuis tout à l'heure ? Pourquoi est-ce que j'ai dans l'estomac cette satané boule qui me ronge de l'intérieur depuis que j'ai aperçut son nom sur la liste et plus encore lorsque mon regard s'est posé sur elle. Je hais cette sensation, et, je n'en doute pas, elle a dû s'en rendre compte au travers de cette grimace froide qui ne quitte pas mon faciès. L'art d'avoir un corps qui mystifie nos sentiments -aussi positifs puissent-t-ils êtres- en des mimiques peu avenantes.

Seul avec elle dans ce long couloir, loin de la présence des autres recrues, je n'ai aucun mal à deviner son trouble. Sayuri Gôto est le genre de femme qui supporte difficilement la pression et plus encore les regards inquisiteurs. Je le sais de source sûre que la honte et la gêne font partis des premières émotions qui l'a submerge lorsqu'elle se trouve en terrain inconnu. Sayuri est embarrassée, elle n'aime pas attirer l'attention sur elle, elle se trouve facilement malpropre dans ces moments là. Que doit-elle alors ressentir suite à mon intervention ? La pauvre, à n'en pas douter, elle doit se sentir si sale qu'elle doit se donner l'effet d'être couverte de boue et que des milliers de fourmis grouillent sur son corps pour la lécher et la marquer d'impuretés. L'avoir ainsi afficher devant les autres est , je l'avoue, une sorte de vengeance, où plutôt devrai-je dire : un simple avertissement. Ce n'est pour moi que le commencement. La honte qu'elle a bien pu éprouver n'est définitivement rien en comparaison à ce que je lui réserve s'il lui vient la sombre idée de rester entre ces murs plus longtemps. Je suis curieux de savoir à quoi elle pense suite aux remarques dont elle a fait la cible. Elle a beau tentée devant les autres de faire la forte en montrant un semblant de répondant, mon manque de réaction a eu vite fait de souffler son élan avant que les braises ne s'enflamment. Si elle pensait réussir à sauver le peu d'honneur qui lui resté, c'est raté. Aux yeux des autres, elle est une victime de plus à ajouter à mon tableau de chasse. Une femme parmi tant d'autre qui ne va faire que renflouer ma réputation. À sa sortie, rien que savoir qu'elle aura passé un instant seul avec moi sera suffisant pour qu'elle fasse l'objet de toute l'attention tant et si bien qu'elle n'osera plus remettre les pieds autant dedans que dehors. -Dis moi Sayuri, qu'est-ce que ça fait d'être vu comme une traînée, toi qui as toujours eu cette image de femme forte et raisonnable ?  Je jubile et ça devient malsain.

-Où va-t-on comme ça Masaru, ton bureau ? Et, de quoi veux-tu me parler exactement ?

J'arque un sourcil en entendant le son de sa voix. Elle vient de briser le silence et ma seconde de bonne humeur à l'aide d'une intervention qui n'a pas lieu d'être. Lui ai-je demandé de parler ? Non, évidement que non. Ne peut-elle pas se contenter de me suivre en restant muette ? Dois-je mettre sa prise d'initiative sur le compte de la « vieille amitié » ? Il n'est pas nécessaire pour moi de lui apporter une réponse, ce n'est pas ici que je compte m'entretenir avec elle. Si ça avait été le cas, plutôt que de l'isoler des autres pour troquer la communauté à un cadre plus intime, j'aurai pu me contenter de l'humilier en public. J'estime avoir eu suffisamment de bon sens et de bonne attention à son égard en lui évitant encore plus d'embarras. Elle ne semble cependant pas avoir remarqué ce geste. En toute réponse à ses questions, je me contente de hausser les épaules sans interrompre ma marche.

-Si tu te demandes pourquoi je suis ici, sache que c'est parce que ça m'arrange. Le travail est très bien payé et j'ai envie d'être avec les enfants. En plus, on a recommandé ma candidature. Ça n'a rien avoir avec toi.   Et je ne compte pas partir, je vais rester... quoi qu'il m'en coûte. Donc, si tu compte discuter de ça, ce n'est pas la peine. Je préfère retourner travailler avec les autres...Je ne comprends pas ce que tu peux vouloir à une petite nouvelle dans mon genre. 

Ah. Voilà. C'était plus fort qu'elle. Elle n'a pas pu s'en empêcher. Quand le son de ses talons qui frappent le sol se brise, profonde est cette respiration qui gonfle mes poumons et creuse ma cage thoracique. Se rend-t-elle compte de ce qu'elle est en train de faire ? Elle ose montrer de la désobéissance...pire encore, de la rébellion. Un sourire toutefois me vient. Ce dernier est accompagné d'un rire qui n'a rien de comique mais au contraire, mesquin et moqueur.

-« Travailler avec les autres » ? Que tu es bête ma pauvre. Quand je leur ai dit de dégager, ce n'est pas pour qu'ils retournent travailler tu sais...Je l'ai pourtant bien dit, que je ne voulais pas d'eux « ici ».

J'en ricane presque à m'imaginer la tête qu'elle doit être en train de faire en cet instant maintenant qu'elle vient de comprendre que ces « collègues » ne font maintenant plus parti du personnel. Les sourires qu'ils devaient avoir avant qu'on ne les quittes ont très certainement vite disparus les minutes suivantes. Un nouveau souffle s'extirpe de mes lèvres alors que je relève la tête vers le plafond et ferme un instant les yeux. Je retire ma main de la poche de ma blouse pour la remonter sur mon visage et pincer du bout de doigts l'arrête de mon nez avant que mes phalanges ne se perdent dans mes mèches neigeuses, poussiéreuses. Quand j'ouvre mes paupières, et tourne mon regard dans sa direction, je peux la voir en coin cette stupide femme, cette petite brune et son ton insuffisant. Cette posture qu'elle adopte, se veut-elle confiante ? Ce n'est pas comme ça qu'elle me fera gober sa comédie. Elle ne trompe personne ici. Je sais parfaitement qu'elle tremble déjà de crainte de ma réaction. Elle cherche à se donner du courage et de la force pour m'affronter, mais nous savons tout les deux que je n'ai besoin que d'un claquement de doigts pour la faire défaillir. Ma langue claque, mon cou craque, et, en un instant, je me retrouve soudainement face à elle. Ma main qui était dans mes cheveux est venu s'abattre comme un coup de tonnerre sur le mur derrière elle, à quelque centimètre de son adorable minois de midinette. Sayuri est petite. Lorsqu'elle était avec Tsukasa, je n'y avais pas réellement fait attention, mais maintenant qu'elle est là, juste en face de moi, je m'en rend parfaitement compte. Elle est petite.

-Tu n'a pas l'air de saisir ta situation, Sayuri. Sur son nom, mon ton se montre plus perçant, plus prononcé, ma langue et mes lèvres composent chacune des syllabes qui le forme dans un souffle chaud. -Dans la mesure où tu serais acceptée, je suis ton supérieur hiérarchique. Et, au cas où tu ne l'aurai pas encore remarquée, ce que tu fais là est de la désobéissance. C'est donc ainsi que tu es ? Tu t'opposes à tes supérieurs pas même ta première journée de travaille commencée ?

Je souris à pleine dent, mes crocs ne se faisant pas prier pour se dévoiler à elle tandis que mon regard se plonge dans le sien pour ne pas lui laisser la possibilité de se dérober. Je sais parfaitement que la fixer ainsi la déstabilise, mais aussi, il y a ce petit quelque chose que je sens qui me laisse entendre qu'elle n'est pas seulement en proie à une monté d'adrénaline. Cet arôme qui monte à mes narines, il fait partie de mon quotidien : Elle est excité.

-Je ne veux pas de toi ici , Sayuri. Tu le sais. Ta présence me dérange.

J'insiste pour lui rappeler combien elle me gêne en joignant le geste à mes paroles. Mon corps s'est rapproché d'elle, j'ai réduit encore un peu plus la distance qui nous sépare de telle sorte que mon buste ne soit plus qu'a un centimètre de sa poitrine. J'ai dû courber l'échine pour ne pas couper le contact visuel avec elle tant il y a une différence de taille entre nous. De ma main libre, une griffe vient effleurer son flanc droit pour remonter sur sa taille, son bras, la courbe de son sein, sa clavicule, sa gorge que je menace de serrer, puis son menton que je fini par saisir pour la forcer à me regarder.

-Nous allons poursuivre cet entretien ailleurs que dans ce couloir. Je ne permettrai pas un second arrêt et encore moins une nouvelle initiative de ta part. Montre toi à nouveau désobéissante et tu peux être certaine que tu sera dehors dans les instants qui suit.

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Se Jeter dans la Gueule du Loup (PV Masaru)

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