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 Adam A. Kirisaki (100%)

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Humain

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Occupation : Chanteuse d'Opéra

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Date d'inscription : 18/11/2017

MessageSujet: Adam A. Kirisaki (100%)   Dim 26 Nov - 18:09



Adam A. Kirisaki

Informations


feat :Yoshioka Futaba, Ao Haru Ride.
Nom : Kirisaki, par sa mère et son père, des japonais.
Prénom(s) : Anya, même si son vrai prénom est Adam.
Âge : 17 ans.
Sexe : Femme, mais autrefois, Anya s'appelait Adam et était un jeune garçon.
Sexualité : Hétérosexuelle, Adam s'est toujours considéré fille de coeur et donc hétéro de sexualité.
Race : Humain déguisé en renard Roux d'Hokkaido.
Rang : Humain, derrière la queue et les oreilles.
Pays d'Origine : Kyôto, c'est beau, c'est joli et très traditionnel.
Allégeance : Sans déc, vous demandez vraiment ?  
Groupe : Classe 3, c'est un individu moyen !
Occupation : Chanteur pour des Opéras.

Martin Matin :
Once upon a time...
tous les matins en se levant ! Quoi cette phrase ne fait pas sens ? Eh bien, malheureusement pour Anya, elle en a beaucoup trop. Tous les jours en se réveillant, Anya est victime de son pouvoir qui la transforme en personnage de conte ! Chaque jour en se levant, Anya est donc affublée d'un nouvel accessoire ou d'un déguisement ridicule, qui lui colle à la peau, et qu'elle ne peut enlever *roulement de tambour* qu'à minuit précise ! Non seulement, d'être horrible, ce costume lui attire des mésaventures complètement délirantes et stupides. Par exemple, une fois, elle a finit à la taille d'un mini-pouce, où à transformer tous les autres élèves garçons en crapaud... En effet, le costume d'Anya s'acharne littéralement à recréer le conte duquel il vient ! Heureusement, pour tout le monde, mais pas pour Anya, le sort ne touche que ceux qui touchent le costume, donc, tant que vous en êtes loin, vous êtes tranquille ! Anya ne peut évidemment absolument pas décider du costume, ni de son rôle dans la pièce. De plus, autant le costume peut transformer des gens autour d'elle et influencer l'environnement, il ne donne aucun super pouvoir et n'a aucun effet sur le temps. Par contre, si vous vous retrouvez dans le rôle de la belle au bois dormant aïe... faites attention aux aiguilles qui traînent et qui seront brusquement enchantées par un sort du sommeil ! Quoi qu'il en soit, tous les effets disparaissent toujours à minuit ! Et Dieu merci, cette magie ne fonctionne pas le dimanche matin... prendrait-elle un jour de vacance ?


Appearance
Toi, tu es cette silhouette que personne ne voit dans le miroir. Tu te trouves plutôt jolie, mais les autres ne sont pas d'accord. Ils n'aiment pas la courbe que forment tes yeux, ni la rondeur de tes joues. Ils n'aiment pas ton regard clair où brillent la confiance et l'espoir. Ils n'aiment pas sentir la douceur de ta peau, ni la façon dont tu souris. Tu es gracieuse. Tu es docile. Tu es obéissante. Tu es tout ce qu'ils exècrent, fine et droite, frêle et fragile, plus pâle qu'un fantôme dans cette chemise blanche qu'on te force à porter. Tu es une ombre, un masque, une comédie, une blague. Tu es fausse du bout de tes ongles polis à la pointe de ton nez en trompette, du ras de tes cils fournis à la ligne racée de ton sourcil. Tu es épilée, tu parles bien et tu portes un parfum capiteux qui leur irrite le nez. Toujours bien coiffée, toujours parfaite, comme une vraie petite fille modèle. Mais selon eux, tu n'existes pas, tu n'en as pas le droit. Pourquoi est-ce toi le mirage et moi la réalité ? Dit-Anya, peux-tu comprendre pourquoi ? Pourquoi chacune de tes entrées est ignorée, accompagné d'un sourire crispé, d'un regard fuyant ou d'une caresse désolée sur l'épaule d'un parent. Pourquoi ne leur plaîs-tu pas Anya ? Pourquoi te détestent-ils tellement ? J'aimerais déchirer chacune de mes photos et m’effacer pour toujours de leur mémoire, de devant mon miroir. Pour que tu sois enfin celle qu'ils désirent, celle qu'ils appellent, que je n'ai plus à t'enfermer chaque jour dans un tiroir, où tu pleures un instant dans le noir, avant de refaire surface et d'essuyer comme à ton habitude, des grimaces de désespoir.

Moi, je suis ce petit individu dégingandé et androgyne. Je suis cet homme à peine musclé. Je suis cette silhouette qui ne veut jamais courber l'échine. Je suis cette liberté que tu crèves de ressentir. Je suis celui qui se campe avec ferveur sur ses deux jambes maigres, qui supplie qu'on le comprenne. Je suis cet idiot qui crie au milieu de la rue de sa voix cassée. Je suis ta confusion et tes désirs profonds. Je suis ce regard blessé, cette grimace contrariée, ce garçon provocateur, cet adolescent mal coiffé. Je suis cet enfant qui a toujours la lèvre enflée d'une bagarre, je suis ces cicatrices à tes poignets, cette brûlure sur ton omoplate gauche, ce tatouage derrière ton oreille, ce piercing sur ta langue, l'éclat de fureur qui assombrit tes yeux pour les transformer en marre sombre. Je suis celui qui porte des jeans déchirés quand tu rêves de porter une jupe plissée. Je suis celui qui monte à moto, quand tu rêves de monter à cheval. Je suis celui qui prêche contre Dieu. Je suis celui qui a la peau sèche, la bouche froide, les yeux revolver, les mains glaciales, la grimace meurtrière. Je suis ton Doppelgänger, ton pire défaut, la bosse dans ton dos, ton Quasimodo. Adam, celui qu'on acclame, celui qu'on réclame, celui qu'on désir. Je suis celui qui se cache derrière ton masque. Je suis ta véritable identité, celle que tu n'as jamais souhaité.
...

Susceptible, tourmenté, fonceur, Adam ne doit son peu de sang-froid qu'à une thérapie régulière auprès d'une psychologue qu'il emmerde profondément, soit dit-en passant. Aussi, Adam a un sens de la moralité et de la justice très personnel. Adam, c'est une personne qui se méfie de tout et tout le monde. Il n'est peut-être pas asocial, mais il n'est pas amical au sens propre du terme. Il n'aime pas qu'on le colle et il n'aime pas se confier. Il n'aime pas non plus qu'on le cherche et est d'une grande susceptibilité. Il a ses avis, ses opinions et on ne fait pas plus têtu. Toute-somme, il a un caractère à faire pleurer les mamies et les papis, et ce n'est certainement pas lui qu'on enverrait à la garderie surveiller les mômes. Il ne faut pas non plus espérer le voir jouer les médiateurs, car il fait un très mauvais avocat et adore remuer le couteau dans la plaie, ça le fait sourire. Son humour est cynique, décapant et noir. Beaucoup vous diront que sous ses airs frêles, Adam possède un charisme écrasant qui est à faire claquer des dents. Il a le regard noir, la posture toujours droite. Il n'est peut-être pas extrêmement beau, mais il dégage indéniablement quelque chose d'intense. C'est une âme en peine qui affiche ses tourments, mais qui paradoxalement ne divulgue jamais le fond de sa pensée. Il est nerveux, sanguin, mais pas transparent, alors c'est compliqué de le gérer. Au final, on ne sait jamais les vraies raisons qui se cachent derrière ses crises de colère, ce qui le rend irascible et pénible. Adam est lunatique aussi, il souffle le chaud et le froid comme personne : un coup joyeux, un coup sombre, jamais d'une humeur égale. Il peut être énergique et drôle, comme agaçant et flippant, à vous donner l'impression qu'un rien suffirait à lui faire péter un câble. Serait-il capable de se défenestrer ? Pas mal se posent la question, mais beaucoup ignorent qu'il est, en vérité, trop lâche pour se prêter à de telles extrémités. Adam, on l'aime ou on le déteste, avec son attitude, sa façon d'être, ses robes, ses jupes, ses longs cheveux et ses yeux de biche. Car oui Adam, c'est Anya, est Anya c'est une fille. Il en a fait l'opération, il prend des hormones pour la voix. Il a désormais des seins et tout ce qu'il faut en bas. Et ce n'est pas parce qu'il est vulgaire sur les bords, qu'il n'est pas une nana. Il n'a peut-être pas de règles, mais dans son coeur et dans sa tête il se conjugue au "Elle". Alors, voilà, Anya, elle aime les fleurs et le parfum de la liberté. Elle adore chanter, l'art et l'opéra. C'est une aventurière, une gamine raffinée qui se plait à coudre et à peindre. Elle écoute de la musique toute la journée, elle va souvent à la ferme pour s'occuper des chevaux. Elle tricotte des écharpes et elle danse, parce que ça lui plaît, du tango, du flamenco et la vals. Anya, elle se prend au sérieux et est minutieuse. Elle accorde de l'importance à bien réaliser ses projets et organise méthodiquement ses dossiers. Elle n'aime pas être responsable de quelque chose quand ça dérape et ne veut être la source d'aucun échec. Du genre à crâner pour masquer son manque d'assurance, Anya a quelques côtés attachants comme sa maladresse, ou le constant besoin qu'elle éprouve de protéger les personnes qu'elle affectionne. C'est une gentille jalouse qui peut avoir du mal à se montrer tactile. Dans le fond, elle est juste fragile, comme une adolescente mal dans sa peau qui ne s'est jamais sentie désirée.


Storyline


Introduction aux pensées d'un père



-Parlez-moi de votre fils Monsieur Kirisaki, comment sont vos rapports ?

Quand on demandait à Dai Kirisaki de décrire son fils, le pauvre homme se sentait toujours maladroit et gauche, à court de mots en fait. Le petit scientifique sans prétention qu'il était réajusta ses lunettes d'un mouvement nerveux sur son nez aquilin.

Dai Kirisaki n'était définitivement pas un homme courageux, encore moins un homme d'envergure. Tout chez lui criait à quel point il était pittoresque : pittoresque de métier, pittoresque de caractère, pittoresque de physique, pittoresque d'existence. Pittoresque, pittoresque, pittoresque. Dieu, même son sourire était pittoresque !

La mine déconfite, le quinquagénaire tenta de trouver quelques mots adéquats, mais dans un premier temps rien ne lui vint à l'esprit. Comment décrire son fils, en effet ? Tandis qu'il s'enfonçait dans le moelleux coussin du siège et s'abrutissait à l'odeur d'encens qui embaumait l'espace confiné, force était de constater qu'il ne savait pas par où commencer.

Les paumes moites, les yeux fuyards, le visage creux, l'air hagard, la peau grise à force d'avoir bu, non seulement d'être un homme peu attirant, il était aussi un père qui avait des difficultés à s'ouvrir sur le sujet particulier qu'était son enfant. Il faut dire qu'il était plus le fils de sa femme que le sien et d'ailleurs, à la façon dont son nœud de cravate lui enserrait diaboliquement le cou, il n'était pas difficile de comprendre qui portait la culotte à la maison.

Dai essaya de se détendre, mais il était si craintif, à croire qu'il s'imaginait que sa femme l'attendait, juste là, de l'autre côté de la porte. Et même si elle était absente, et que les riches rideaux pourpres qu'on avait tiré contre l'unique fenêtre de la pièce forçaient l'intimité, il se sentait terriblement oppressé.

Heureusement, la psychologue était jolie.
Cela lui donnait d'autres occupations et un bon moyen de gérer son stress. Il n'aurait pas choisi un laideron pour consultante, ce n'était pas la peine, il se serait enfui aussi sec.

Son coin d'œil se posa sur les interminables jambes qu'il apercevait par-dessous le bureau noir et son pantalon se serra vivement en son milieu.

Ces étrangères, -songea-t-il-n'ont-elles rien de mieux à faire que porter des jupes courtes ? Elles allument les hommes sans remords et sans se soucier du système. De vrais petites garces...

Il s'humecta les lèvres. D'accord, c'était totalement injuste comme affirmation, surtout que les expatriés n'étaient pas mieux lotis que les natifs, mais ça Dai Kirisaki s'en fichait. C'était plus excitant pour lui de les traiter comme des salopes.

Le chercheur essuya nerveusement son front à l'aide d'un petit chiffon. Sa femme, elle, ne porterait jamais ce genre d'habits. Par le ciel, merci ! s'empressa-t-il de penser. C'était beaucoup trop vulgaire. Son regard porcin remonta quand même sur les jambes de la plantureuse blonde. Oserait-il apercevoir l'interstice de peau entre ses cuisses ?

Son palais s'assécha et il se força à repenser à sa femme, sa splendide femme.

Namiko Maeda était le modèle typique de ce qu'on pouvait espérer de mieux. Posée, calme, droite, organisée et avec un sens aigu des affaires. Elle savait cuisiner et tenir une maison, elle n'était pas spécialement passionnée au lit, mais elle accomplissait ses devoirs conjugaux proprement. Et puis, elle était morale, cultivée et pleine de cette assurance qui lui manquait cruellement.

Certes, elle n'était pas femme de carrière, ni une femme de baise, mais elle était parfaite, cruellement parfaite, parfaitement parfaite. Le type qui n'excusait aucun échec.

Un pic de stresse lui tordit brusquement l'estomac.

Ah, -réalisa-t-il avec horreur- C'était ça !

Le mot qu'il cherchait depuis plusieurs minutes, celui qui traînait désagréablement sur la pointe de sa langue comme un bonbon amer. Échec.

Les sourcils froncés, il murmura d'un ton bas, saccadé et à peine soufflé, l'index passé dans son col de chemise pour l'écarter parce qu'il avait soudainement du mal à respirer.

-Disons qu'il est étrange.

Instantanément, Dai se mordit la langue et ses mains se mirent à trembler. Que venait-il de dire, que leur fils était étrange ?

Brusquement, il se fit suspicieux et il dévisagea la psychologue avec méfiance. Etait-il possible qu'elle aille tout répéter dans la rue, ou pis ? Et si les autorités l'apprenaient ? Le savaient-elles déjà ? Ce serait une catastrophe, n'est-ce pas ? Qu'allait-il faire si son enfant était brusquement déclaré dangereux et emmené ? Il n'avait plus l'âge pour en faire un deuxième à Akiko. Il perdrait son future gagne pain, sa retraite, ses beaux jours au soleil, sa descendance ! Et ce n'était pas comme s'il pouvait espérer quoi que ce soit de la bâtarde illégitime qu'il avait eu peu avant son mariage officiel. Non, vraiment, perdre Adam n'était pas une option.

Pour se calmer, Dai se focalisa à nouveau sur ce petit bout de peau pâle, entre les cuisses blanches de la jeune femme, s'imaginant à quel point la chair ici devait être tendre à mordre. En comparaison, l'épiderme de Namiko lui paraissait tellement plus rêche, abîmé par les années et la vieillesse. Quelle tristesse de s'être retrouvé marié si jeune à une femme qui avait bien dix ans de plus que lui.

Non, -s'insurgea-t-il,- non, non !


Il ne devait pas penser comme ça ! Sa femme était parfaite.
Parfaite pour lui en tout cas.

-Etrange, me dites-vous ?-La voix fluette s'éleva dans les airs, taquinant agréablement le creux de son oreille.- Définissez-moi étrange, Monsieur Kirisaki.

À cette question, les pensées de Dai s'emmêlèrent et il haussa les sourcils. Définir étrange ? Pouvait-on définir étrange ? Il se mordit l'intérieur de la joue et se massa fébrilement la nuque. C'était définitivement compliqué et comme pour tout, il ne savait pas quoi dire. De toute façon, la question n'aurait pas dû être « définissez-moi étrange », mais « définissez-moi normal ». Parce que rien, rien n'était normal chez Adam !!

Le trait de sa mâchoire s'épaissit en une vilaine grimace. Que ce soit dans sa façon de se comporter, de parler, ou de s'habiller, Adam ne correspondait pas du tout au petit fils modèle que sa femme et lui avaient été si désespéré d'avoir ! Et il ne comprenait pas, où, quand, et comment, ils avaient raté le coche. Voilà, il n'avait qu'à dire ça.

-Il n'est pas comme je me l'imaginais, il est différent.

Ce n'était pas un manque d'amour ou d'attention.
Depuis longtemps, il avait été décrété que Namiko et lui, n'aurait qu'un enfant. Là, encore, on voyait le perfectionnisme de son épouse parler. Elle préférait concentrer toute son énergie à faire de son bébé, un être parfait, plutôt que de risquer un dérapage inopiné.

De son côté, ma foi, tant qu'il avait un fils, il n'était pas bien difficile ! Parfois, il s'en voulait de penser à Adam comme à un sexe, comme si on parlait d'un poulain ou d'une pouliche de compétition, mais d'un autre côté, il n'aurait en effet pas voulu être père d'une fille. Mais putain, ce n'était pas un crime de penser ainsi !

S'il mariait leur fils à une fille de bonne famille, Dai aurait réussi sa vie par extension. C'était donc naturel qu'il souhaite en avoir un, n'est ce pas ? Ce n'était pas ses promotions merdiques qui l’emmèneraient sous le soleil des Seychelles...

Toutefois, pour faire un bon mariage, encore fallait-il que l'enfant soit normal ! Il ne savait pas comment ça fonctionnait, mais il était persuadé que personne ne marierait jamais sa fille à un... Un fou.

Le cœur lourd, Dai hésita longuement comme s'il avait peur que les paroles qui allaient suivre, prononcées à voix haute, s'ancreraient plus que jamais dans la réalité de son existence.

-Mon fils, il... -grimaça-t-il. Mon fils, Mon fi...Mon fils pense être une femme.

Introduction de l'Enfance

On a chacun une manière différente de faire le tri dans notre vie. Personnellement, je le fais en donnant à chaque grande période de mon existence un visage différent. Et celui de mon enfance, c'est mon père.

Mon père a été le premier dont le sourire s'est effacé pour ne plus jamais revenir, comme si je l'avais méchamment gommé ou effacé à l'aide d'un seau d'eau quand il n'était pas plus résistant qu'une aquarelle.

J'ai bien essayé de le redessiner des dizaines, non, des centaines de fois ! À coup de crayon, de feutres, de craies et de pinceaux, entêté et précis, sans succès...

Il n'a jamais plus été le même, toujours tordu, toujours difforme, toujours bancal, comme le premier gribouillis d'un nouveau-né.

J'ai moi-même fini par oublier à quoi il ressemblait, s'il était beau, doux ou même agréable. Et il ne reste désormais que ce trait inconstant qui menace sans cesse de disparaître au coin de ses lèvres plissées par le dégoût.

Si au début, on était proche, j'ai réalisé avec le temps que c'était parce qu'on marchait sur deux fils parallèles. Ainsi là où je m'imaginais qu'on se croisait, on ne s'était, en vérité, jamais rencontrés.

Avec le temps, nos différences se sont accentuées, ma façon de me voir s'opposait à sa façon de me percevoir et j'ai fini par être tout ce qu'il ne souhaitait pas.

Ma mère avec son déni constant deviendrait la plus horrible des deux à gérer, mais à cette époque, je prenais son attitude comme un soulagement. Au moins, elle ne disait rien.

Mon père en revanche, stoppa tout bonnement et simplement de me reconnaître.

Le problème était qu'il n'y avait pas de place pour une fille dans son cœur et pas d'espace dans le mien pour être « son fils ».

J'ai dû faire un choix. Et je me suis choisie moi.
Bien sûr, je me suis trouvée cruelle. Cruelle de préférer le perdre plutôt que de faire semblant.

Mais que puis-je y faire quant à l'opposé de toutes mes croyances et de toutes mes convictions, on s'obstine à me dire qui, et quoi être ?

Je ne suis pas un garçon, Papa. C'est juste Dieu qui s'est trompé de corps, ne comprends-tu pas ? Ne peux-tu pas m'aimer comme ça ?

Les suppliques n'y ont rien fait. Il a cessé de m'accompagner en cours et il a même cessé de me parler.

En fait, il a renié mon existence même, comme si je n'étais jamais née.

Aujourd'hui encore, il passe la porte du salon en m'ignorant à moitié et quand il me voit, son expression me donne envie de pleurer, de hurler et de le frapper.

À quoi bon ? Dans le fond, je comprends.

Je comprends que de me voir affirmer haut et fort que je suis une femme, alors que dans ses bras à ma naissance, il a tenu un petit garçon, le déçoit et le blesse profondément.

Je comprends que je suis égoïste à marcher sur ses rêves comme sur un mégot de cigarette. Et en même temps, je ne peux pas y changer quoi que ce soit, j'ai essayé tellement de fois, tant de fois, trop de fois...
J'ai porté des chemises jusqu'à ce qu'elles m'incendient la peau et que je les déchire pour me libérer de leurs brûlants lambeaux.

Je me suis scarifié pour oublier l'humiliation que je ressentais à devoir porter un pantalon ou une coupe courte, à devoir sourire et me laisser raser quand rien de tout ça n'était et ne serait jamais ce que je désirais.

Je me suis cachée dans ma chambre, enfermée pour panser mes plaies après que je me sois fait tabasser par le petit caïd du quartier, mais pas pour pleurer, simplement pour cacher le sourire qui menaçait de s'étendre sur mes lèvres enflées.

Je ne me sentais libérée que quand je pouvais agir à ma guise, libre de porter des robes et de me maquiller, libre de faire du sport, libre de danser, libre de crier, simplement libre de vivre et d'être autre chose qu'une vulgaire poupée de cire.

Mon enfance est passée ainsi dans ce brouillard d'incompréhension et de tensions. J'ai couru après mon père à en perdre le souffle et la raison, en vain. Et un beau matin, sans réfléchir, j'ai stoppé ma course et je l'ai regardé partir.

C'est comme ça qu'il est devenu ce mirage lointain...

... Celui que je ne peux même plus rêver d'effleurer.


Introduction aux pensées d'un ami.


-Tu es un homme non ? Alors vas-y, baisse ton froc et pisse correctement ! Sale pervers va !

Derrière la porte du toilette, un bruit sourd retentit, un son aigu, comme un miroir qui s'effrite. Assis sur sa lunette, Sanosuke préféra toutefois s'imaginer que c'était la fierté et la résolution d'Adam qu'il venait d'entendre, se fendre et se briser en un millier d'éclats de verre.

Ses yeux sombres obstinément fixés sur le rouleau de PQ du WC, le jeune homme écarta quelques mèches d'un beau noir de jais de devant son oreille  pour y glisser fébrilement un écouteur de Mp3.
Quand même, il n'alluma pas la musique.
Il n'était pas à ce point un enfoiré.

S'il s'inquiétait qu'on passe son meilleur ami à tabac, il ne comptait pas intervenir tant qu'il pouvait s'en empêcher. Après-tout, il était temps qu'Adam se réveille, qu'il comprenne que son petit jeu n'amusait plus personne. Le hasard avait voulu qu'il soit-là au moment où quelqu'un tenter de lui rentrer du plomb dans la cervelle et il approuvait l'idée, même si la méthode était peu orthodoxe.

Il fallait que Kirisaki ouvre les yeux sur la réalité de sa situation. Il n'était pas une femme, ne le serait jamais ! Et à l'école, il n'y en avait pas un qui le considérait comme tel. Pas même lui.  

Se faire enfoncer la tête dans les toilettes ou le carrelage n'est qu'un mauvais moment à passer. -se rassura-t-il-. Il va s'en remettre.

À la fin, Adam serait choqué, mais au moins il comprendrait que pour son bien-être, il était tant qu'il arrête d'arpenter les couloirs en uniforme de meuf.

Se rendait-il compte de ce qu'il imposait aux professeurs, à ses camarades ou ses parents ? Il n'imaginait même pas comment ces derniers avaient expliqué la situation à son grand-père, si ce n'est une bonne poignet de fric échangée sous la table.

Il n'y avait rien que l'argent ne puisse acheter de toute façon ! Et le silence du directeur était, en l'occurence, vraiment cheap. Comme ce n'était pas un collège de riches, toutes les entrées étaient les bienvenues.

La main du brun se crispa sur son Mp3.
Pourquoi Adam ne se contentait-il pas de dire qu'il était homosexuel ? Ok, ce n'était pas forcément facile à digérer non plus, cependant les autres auraient pu le concevoir, IL aurait pu le concevoir.

Mais qu'il se prenne pour une femme ? C'était déplacé et écoeurant en un sens. Il ne l'avait d'abord accepté que parce qu'il en pinçait pour son minois d'ange et ses grands yeux bruns. Sauf que maintenant, il se rendait compte qu'il était sérieux et ça le faisait flipper.
Il flippait grave, putain !

Il est un homme merde ! -s'insurgea-t-il à voix basse-.

Le ventre de Sanosuke se tordit légèrement lorsqu'il entendit un mugissement étouffé lui parvenir. Encore un peu, encore un peu et il irait l'aider, se promit-il.

Dire qu'Adam aurait pu être tellement plus qu'un simple excentrique, s'il y avait mis les moyens. Sans maquillage et de quoi se mettre en valeur, toutes les filles et tous les gars du bahut auraient été à ses pieds, lui le premier. Il aurait eu une vie de roi et pleins de gens pour l'apprécier. Alors pourquoi s'enfonçait-il dans ce délire de transidentité ?
Cela le dépassait totalement.

Il lui sembla entendre un cri de rage et le bruit d'une robe d'uniforme qu'on déchire. A cela il se releva et quitta promptement sa cachette, le battant de la porte claquant furieusement dans son dos. Il voulait qu'Adam soit suffisamment choqué pour arrêter de jouer les nanas, pas qu'on le viole dans un vieux toilette dégueulasse à côté de la salle d'Arts Plastique.

Automatiquement, les deux abrutis qui le maintenaient plaqué contre le parterre froid, la poitrine nue et la tête en sang, se figèrent. C'était quoi ces airs d'ahuri ? Avaient-ils vraiment imaginé qu'ils étaient seuls ?

Le cœur bondissant, l'adolescent se rendit compte avec une certaine horreur qu'Adam était peut-être plus mal en point qu'il ne l'avait imaginé. Son teint était maladif et nauséeux, la pâleur de ce dernier accentuée par le sang qui s'écoulait depuis son front en une longue traînée d'hémoglobine, comparable à un tapis rouge qu'on aurait déroulé sur de la neige blanche.

Les dents serrées, il s'avança, son poing déjà ferme et rond, assez visible pour que les deux garçons qui se tenaient ici comprennent qu'il ne plaisantait pas. Sanosuke pouvait se vanter d'être suffisamment respecté au sein du collège pour qu'on ne l'emmerde pas en général. Être le petit-fils du Directeur aidait, c'était clair, mais il se plaisait à penser que c'était son charisme plus que ses affiliations qui faisait sa réputation.

Le plus petit cracha par terre et fit signe à l'autre de s'écarter. Mieux valait laisser tomber l'affaire.

-On se casse, laisse cette pute traîner là.

Il y eut un grincement mal huilé de gonds qui sautent et le silence s'installa, une courte minute, suivit par un faible gémissement qui poussa Sanosuke à se précipiter aux côtés d'Adam. Ses mains trouvèrent ses épaules et il le releva, avec précaution.

-Hey... -tenta-t-il, le ton bas- Ca va aller ? En tout cas, ne t'inquiètes pas, je suis là. Je vais t'aider.

Entre ses doigts, le corps d'Adam trembla un court instant, puis il y eut un nouveau silence. Prenant celui-ci comme un signe d’acquiescement, le collégien avança ses bras, prêt à le saisir entre eux, quand un souffle court et une main qui le repoussait furieusement en arrière, le coupèrent dans son élan.

-Dégage, je ne veux pas de ta pitié, ni de ton aide ! J'aurai très bien pu m'en sortir toute seule !

Pendant un instant, Sanosuke eut envie de rigoler. Il était vraiment taré, putain ! Comment aurait-il pu se faire deux mecs à lui tout seul ?! S'il n'était pas intervenu, il...
Ses pensées s'étouffèrent et une horrible sensation d'étranglement lui enserra la trachée et les intestins.
Les yeux d'Adam se posèrent sur lui, et sa gorge se serra comme jamais elle ne s'était serrée.

Merde. -fut tout ce que son esprit abruti trouva à penser- Merde, merde, merde, merde.

Il n'avait jamais vu quelqu'un le dévisager de cette manière, comme s'il se souciait moins de la tentative de viol que de l'humiliation qu'on lui imposait actuellement en le traitant comme une victime.

Adam n'était pas apeuré, il n'était pas désespéré, à vrai-dire, il ne semblait même pas effrayé.
Mais il était vexé, trahi, contrarié, énervé ! Et dans ses yeux brillaient l'horreur de se voir traiter comme un être fragile et dérangé par celui qu'il considérait comme son meilleur ami.

Il sentait le désir brûlant qu'il avait d'en découdre, l'envie de se venger qui crépitait sous sa peau comme un vrai courant électrique. Sanosuke déglutit. Adam allait lui péter la gueule et d'ailleurs, il eut juste le temps de s'écarter avant qu'il ne tente de lui décrocher un direct au visage.

Adam n'avait pas besoin de son réconfort, ni de son aide, réalisa-t-il. Il ne voulait pas qu'on le sauve, il ne voulait pas qu'on le rassure et surtout, il ne voulait pas de lui.

Merde. Vraiment Merde.
Il avait tout foiré.


Introduction à l'Adolescence


Mon adolescence porte la signature de Sanosuke. Sanosuke et son sourire. Sanosuke et son rire. Sanosuke et ses conneries.

Sanosuke, je l'enviais et le jalousais. Il avait tout ce que je rêvais d'avoir, le physique, l'assurance, l'intelligence et la voix.

C'est ce que je préférais chez lui, cette voix d'orgue qui glissait sur ma peau comme un serpent, dictant à mon cœur comment battre, le faisant monter et descendre au rythme de ses sonorités puissantes.

Avec ses octaves suaves, il avait le don de me donner la chair de poule, ce délicieux frisson qui vous court le long des bras et des côtes, éclate dans le creux de vos reins comme un millier de bulles de savon.
Sa voix était si riche, si agréable, si velouté et ronde, si sensuelle qu'il me semblait parfois que c'était Satan lui-même que j'entendais susurrer à mon oreille.

En comparaison, mon timbre n'était qu'un souffle inspiré, petit et faible, similaire au craquement d'une brindille au beau milieu de la tempête. À la fois cassée et feutré, un peu comme celui d'une chanteuse de hard rock qui se serait brisé les cordes vocales à force de hurler, c'était un murmure tapissé qu'on entendait à peine, effacé et léger. Toute-somme une voix ni homme, ni femme, pas cristalline, pas aiguë et pas claire, mais toujours et indéniablement masculine quand je voulais qu'elle coule comme le lit d'une rivière.

Or, être masculine, c'est quelque chose que j'ai toujours détesté.
L'étiquette d'homme, je l'ai porté à mon front toute ma vie comme une ancre posée sur mes épaules, vrillant mon corps de sa demi-tonne et m'enfonçant littéralement dans le béton armé.

Elle a toujours dicté mon existence, la place que j'aurai dû avoir dans la société, les sports que je pouvais et ne pouvais pas faire, les gens que je devais fréquenter, les vêtements que je devais porter, ce que je devais faire ou devenir. J'ai bien essayé de l'arracher, de la déchirer, si j'avais pu la découper ou la cramer avec un bon briquet, je l'aurai fait ! Mais peu importe l'effort que j'y ai mis, le résultat n'a jamais été à la hauteur de mes espérances.

C'est bien simple, peu importe le nombre d'heures passées à m'entraîner, on m'a toujours refusé la porte d'entrée des clubs qui m'intéressaient. De même, il n'y avait jamais personne pour se bourrer la gueule avec moi et si je voulais faire une course, on me regardait forcément comme si je venais de débarquer de la troisième dimension ! M'offrir une paire de ballerines, acheter une écharpe qui me plaît au rayon femme, tarter celui qui m'emmerde, porter du rouge à lèvres, mettre du mascara, crier, taper, jouer, taquiner, embrasser, pleurer, tant d'expériences que cette simple étiquette m'a empêché de faire à ma façon.

On m'a déjà traité de catin et d'obsédé parce que j'ai initié le baiser. Un garçon m'a déjà balancé que j'étais dégueulasse et dérangé parce que j'ai osé le draguer. Des insultes, toujours des insultes et à chaque fois l'impression qu'on parle de toi, sans que ce ne soit le vrai toi.

Pervers, putain et connard ? Ok très bien, c'est pas grave, vas-y fais toi plaisir. Je ne serais blessée que le jour où ce sera bâtarde, salope et garce ! Parce que je ne suis pas un homme, bordel de merde !

A force de m'épuiser avec l'impression de brasser de l'air, mon humeur est devenue maussade et mes sourires rares. Je me suis enfermée dans ma chambre et je ne me suis plus présentée à la messe du dimanche. Cela a tellement choqué ma mère qu'elle en a fait des cheveux blancs.

Elle a commencé à craindre pour le salut de mon âme et plus tard, elle a simplement angoissé à l'idée de me perdre définitivement. Elle se réveillait à mes souffrances et c'était bien, même si je n'ai jamais eu l'intention de me suicider comme elle a pu se l'imaginer.

Ma mère m'a inscrite dans un établissement de bas niveau, avec dossier psychologique à l'appui pour qu'on me traite comme une fille. Et si j'apprendrai des années plus tard que cette concession avait un prix, j'étais, en ces temps-là, trop heureuse pour regretter quoi que ce soit. C'était comme sortir la tête hors de l'eau après une longue apnée, mes poumons étaient de cendres, mais je pouvais enfin respirer.

Et puis, je ne vais pas la critiquer alors qu'elle a mis de côté ses espoirs de me voir sur les bancs du meilleur collège de Tokyo pour m'envoyer dans un lieu de mauvaise réputation où l'argent prévaut sur l'éducation. Oui, il y a ce genre d'écoles au Japon, c'est fait pour ceux qui ont scolairement échoué, mais comptent quand même intégrer une université "politiquement correcte" sur le papier.

En tout cas, fraîchement arrivé à ce nouveau collège, j'ai rencontré Sanosuke, le beau Sanosuke, le populaire Sanosuke. Comme une idiote, je l'ai suivi, je me suis laissée toucher, emmener, je me suis confiée et je l'ai apprécié, bercée dans la douce illusion qu'on était ami, qu'il m'était proche et qu'avec lui à mes côtés, j'allais forcément m'intégrer. Grossière erreur !

Mais que voulez-vous ? On est con quand on est jeune. Moi en particulier, j'étais vraiment conne. Conne d'y croire. Conne d'espérer. Conne de m'imaginer que les mentalités pouvaient changer avec un claquement de doigts et de la bonne volonté.

Je l'ai payé avec l'amertume et la solitude, les bizutages au coin d'un couloir et l'indifférence générale.

Ce n'est pas dans mon caractère d'être asocial, j'aime la compagnie et les bonnes blagues, je suis sportive et ouverte quand on me donne l'occasion d'être en confiance, malheureusement ça ne m'a pas sauvé des bleus, ni des coups, encore moins des humiliations publiques.

Mais ce n'est pas grave, j'ai serré les dents, parce que même si on me traînait dans la boue, même si on me crachait au visage, au moins je pouvais être moi, et ce moi, il n'avait pas de prix.

De toute façon, avoir la lèvre fendue ou le bras cassé, ce n'est pas le plus dur. On s'habitue à la souffrance, mais on se remet plus difficilement du regard des autres. Ces coups d'œils emplis de dégoût et d'écœurement mal dissimulé me hanteront toute ma vie.

Si je ferme les yeux, je peux toujours les sentir qui me lèchent la peau, en fait ils brûlent derrière ma rétine chaque fois que j'ai le malheur de battre des cils.

A force de les sentir, crouler dans mon dos comme autant d'araignées, j'ai fini par les haïr et j'ai cruellement pensé :

Si seulement, si seulement ils pouvaient tous disparaître !

C'est ce que je pense encore, parfois, silencieusement et discrètement, tapis dans le coin le plus sombre d'un bar à faire teinter les glaçons de mon verre de whisky pour signaler que j'existe, alors que je suis pourtant en train de me cacher.

C'est ça qu'a fait le collège, me transformer en paradoxe. Au stade où j'en suis, je ne sais plus si je veux qu'on me remarque ou qu'on m'oublie.

J'ai toujours eu l'impression que je devais prouver quelque chose au monde, ça n'a jamais changé et ne changera probablement jamais. Mais je n'abandonnerai pas.

"Jusqu'à mon dernier souffle"

Courte Introduction aux pensées d'une mère

-Ne penses-tu pas qu'on devrait profiter de mon retour, pour présenter “Anya” au reste de la famille ?

Comme à chaque fois qu'Adam faisait mention à Anya, Namiko se crispa. Le souffle court, l'oeil perçant, elle cacha l'imperceptible tremblement de ses mains derrière un sourire très japonais, dont l'éclat ne montait ni aux oreilles, ni aux yeux. Quiconque la connaissait un peu, pouvait deviner le vrai sentiment qui hantait son cœur derrière ce masque d'amabilité et de convenance : La peur.

-Non, je ne pense pas mon poussin. -répondit-t-elle, d'un ton sans appel, sans manquer l'éclat terne que prenaient les yeux de son fils, même à travers l'écran d'appel de l'ordinateur.- Anya, c'est notre petit secret.

Mais quand bien même Adam était triste, cette fois, Namiko ne pouvait juste pas céder à son caprice. Les lèvres pincées, la femme s'obstina à continuer de tricoter son écharpe, celle qu'elle avait l'intention d'offrir à Adam pour la récompenser de sa nouvelle intégration, au lycée de Tokyo.

-Est-ce qu'Anya aime le rose ? -s'enquit-elle- Je pourrais aussi lui faire des gants ?

Si sa tentative pour changer de sujet ne passa pas inaperçu, Adam n'en fit rien et se contenta d'un pauvre sourire. Il y eut un silence et il confirma, la voix basse.

-Elle aimera beaucoup, Maman. Ne t'en fais pas, c'est parfait.

Namiko lui renvoya une grimace contentée. C'était mieux, beaucoup mieux. C'était le fils obéissant et sage, le petit Adam qu'elle aimait, celui qu'elle avait tendrement élevé. C'était le Adam qu'elle désirait, celui qu'elle voulait garder à ses côtés et à qui, elle aurait tout pardonné, même la schizophrénie.

Parce que c'était cela n'est-ce pas, le problème d'Adam ? La schizophrénie.

C'était la seule explication qu'elle pouvait concevoir, la réalité qu'elle s'était choisie, celle qui lui permettait d'accepter toutes les histoires, tous les comportements aberrants et tous les délires de son enfant impliquant « Anya ». Ce n'était pas un cadeau, mais un léger dédoublement de la personnalité, Namiko pouvait accepter, elle pouvait le tolérer. Avec une bonne thérapie, ce n'était rien qui ne soit pas guérissable ! Et ça la rassurait, ça la rassurait beaucoup.

Namiko était obtuse et n'y connaissait vraisemblablement rien à la schizophrénie, au dédoublement de la personnalité, leurs différences, leurs traitements, mais personne n'osait la corriger. De toute façon, elle n'aurait pas pris la transidentité pour explication, jamais.

Oui, -se répéta intérieurement cette dernière- Ce n'est rien qu'on ne puisse pas soigner. Adam ira mieux, il va grandir encore un peu et ses délires vont diminuer. Il va être marié et avoir des enfants. Sa deuxième personnalité disparaîtra définitivement. Il suffit juste d'un mariage. Juste d'un mariage...


Namiko, fronça les sourcils et se concentra à ne rater aucun maillon. Depuis quelque temps, la mère de famille qu'elle était se sentait agitée. Plus les années passaient, et plus elle priait pour qu'Adam quitte pour de bon le foyer et commence une vie humble auprès d'une épouse adéquate et riche. Elle s'était tue et avait enduré toutes ses crises, ses colères, ses souhaits, avec ce but précis en tête.

Comme si elle avait brusquement peur qu'Adam ne se défile, Namiko releva la tête et dévisagea son fils suspicieusement.

-J'espère que tu n'as pas oublié notre marché ? Celui pour lequel je t'ai aidé à rentrer comme tu le désirais dans le collège de ton choix ?

Un deuxième silence s'installa et Namiko pressa, anxieuse.

-Tu n'as pas oublié, n'est-ce pas ? Il n'y a plus de défilement possible Adam. Ce stage aux Etats-Unis était le dernier caprice que je t'accordais ! Tu dois revenir et attendre sagement, ici, que ton père te marie. Tu ne vas pas faire de folies ? Et moi, que vais-je devenir sans toi et sans petits enfants ? Tu y penses ? Dis-moi que tu y penses !

Il lui sembla voir l'image se brouiller et pendant un instant, Namiko cru que son fils avait coupé l'appel. Elle s'apprêtait à rentrer en hyperventilation, l'œil tournant, le visage pâle, mais le timbre feutré d'Adam résonna à travers le micro, apaisant l'hystérique inquiétude qui lui griffait la poitrine et menaçait de percer ses poumons.

-Je n'ai pas oublié. Dés que qu'on me mariera, je te présenterai à ma femme et j'agirai comme un bon mari aux repas de Noël et du nouvel an, aux fêtes et aux anniversaires. Je... J'agirai comme il se doit. C'est promis.

Namiko acquiesça, satisfaite et commenta plus pour elle-même que pour sa fille.

-Vivement, que ce jour arrive ! Tu atterris à quelle heure déjà ?

Introduction au Présent


Les passagers du VolAF715 en direction de Tokyo sont priés de se rendre à la porte d'embarquement numéro 3. Je répète, les passagers du VolAF175...

Le cœur lourd, j'appuyai sur le bouton rouge du téléphone de mon écran Skype, puis rangeai mon Ipad dans ma sacoche avec nonchalance. Pressée de rentrer à Tokyo ? Je ne l'étais certainement pas. La chaleur de Miami allait me manquer, les garçons de Miami allaient me manquer, les potes de Miami allaient me manquer et merde, ma liberté allait me manquer ! Mais voilà, j'avais fait une promesse et quand bien-même j'aurai souhaité pouvoir l'ignorer, et juste vivre ma vie, je devais trop à ma mère pour agir ainsi. De toute façon, si ce n'était pas elle qui me forçait à revenir, ce serait mon père et là, même le pôle nord n'était pas un échappatoire envisageable. J'étais certaine que ce connard aurait pu me traquer jusqu'à la planète Mars s'il le souhaitait.

Être né japonais, c'était littéralement à chier. Cela revenait à être enchainé à une horde de lois et de principes tous plus cons les uns que les autres, et il me faudrait endurer chacun d'eux jusqu'à la fin de ma courte vie. Si j'avais été un peu plus courageuse, peut-être que je me serais tirée une balle pour abréger mes souffrances, mais malheureusement, je n'avais pas ce cran là et ne l'aurait jamais en ce qui me concerne. Mes pieds claquèrent sur le parquet de l'aéroport et alors que je tendais mon passeport, un fort sentiment de nausée me serra le cœur.

Retourner au Japon, ça représentait quoi pour moi ? Je ne gardais certainement pas un bon souvenir de mes années là-bas. Après avoir passé une décennie d'enfer au collège, je m'étais engagée sans réfléchir dans une année sabbatique pour me libérer l'esprit. C'était simple et facile, de toute façon j'en avais rien à faire de la réputation. M'enfuir, c'était tout ce qui m'intéressait, tout ce qui comptait et vu que la seule ambition de ma mère à mon égard était de me voir épouser une femme de bonne famille, elle ne s'y est pas spécialement opposée.

-Vous pouvez embarquer, Kirisaki-san et encore bienvenue à bord.

Avec un sourire ironique, je songeai que le couloir qui me menait à l'avion, avait des airs de couloir de la mort, ce dédale abominable dans lequel on traîne les prisonniers avant la pendaison. La bile me monta à la gorge. Partir aux USA avait été une libération si complète et totale, que je n'en revenais toujours pas moi-même. Ici, les gays, les lesbiennes et les transgenre, y en avait plein. Ils n'étaient pas forcément acceptés, mais ils s'affichaient au moins et je me sentais comprise. Je pouvais boire, me droguer, baiser sans qu'on me pose de question sur le fait que j'ai des seins refaits sous mon t-shirt. Je me sentais bien, pas toujours la bienvenue, mais reconnue et ça faisait toute la différence avec ce qui m'attendait à Tokyo.

Tokyo, c'était synonyme de mariage. Tokyo, c'était synonyme de mensonge. Tokyo, c'était synonyme de rejet et d'incompréhension. Tokyo, c'était synonyme de prison, tout simplement. Une prison que je ne pourrais jamais fuir sans mourir, une prison d'hypocrisie, une prison de lois, une dictature.

Nerveuse, je balançai mon sac par terre et m'enfonçai dans le siège, posant ma tête contre le hublot froid à ma droite pour admirer une dernière fois le bel océan bleu, par-delà la piste de décollage et la lointaine ligne jaune du sable. Dire adieu au Paradis pour retourner en Enfer ne m'avait jamais semblé aussi difficile, et je ne pouvais même pas fumer une dernière clope pour chasser les larmes qui menaçaient de monter.

Être si faible me faisait honte. Ça m'avait toujours fait honte. Je reniflai et me remis droite dans mon siège. Si j'étais honnête avec moi-même, il est vrai que j'aurai pu trouver un maigre soulagement dans ma situation, en imposant à ma mère de me reconnaître comme Anya. Le problème, c'est que cette dernière s'obstinait fermement à penser que j'avais un dédoublement de la personnalité, ce qui, en plus d'être blessant, était carrément inquiétant.

Discuter avec elle, j'ai déjà essayé, mais il n'y a rien à y faire, dés que j'aborde le sujet, elle se ferme comme une huître et panique. Et moi, je suis trop conne pour insister, je n'ose juste pas. La vérité, c'est que je ne voudrais pas qu'elle cesse de me parler comme l'a fait mon père. C'est ma mère après-tout, et je l'aime. Je l'aime vraiment. Elle est ma seule attache et je n'ai jamais trouvé le courage de me lier à qui que ce soit en dehors d'elle. C'est juste que je n'y parviens pas. Il y a toujours cette méfiance latente, l'impression qu'à un moment ou à un autre, la personne d'en face va me cracher à la figure.

Quant à l'amour ? Ce n'est même pas la peine d'y songer. Dans tous les cas, je finirai ma vie auprès d'une conne, qui me sortira par les yeux et que j'aurai envie d'égorger chaque fois que je serai obligée de l'embrasser. Le mariage hein...

J'en frémis de dégoût.
Non, vraiment, le Japon, ce n'est pas pour moi.
Est-ce que je peux encore sauter de l'avion ?
Si je savais qu'un bus trop bizarre m'attendait à la sortie de l'aéroport, je l'aurai peut-être fait.


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MessageSujet: Re: Adam A. Kirisaki (100%)   Mar 19 Déc - 7:24

Herm, j'ai remarqué que cette fiche n'avait ni bienvenue, ni validation officielle... XXDDDDDDD /PAN.

Je vous laisse, me corriger ça, pleaaaaseuuuuh.
Le pauvre, ça fait tout nu là. ;w;
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MessageSujet: Re: Adam A. Kirisaki (100%)   Mar 19 Déc - 9:17

Bienvenuuuue, paillettes et bisous !
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MessageSujet: Re: Adam A. Kirisaki (100%)   Mar 19 Déc - 9:33

Comme toujours. Tant de créativités et de belle plume. Ce pouvoir, je suis fan. Y a peu de choses que tu fais dont je ne suis pas fan. Pressée de voir tout ca en action ♡
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MessageSujet: Re: Adam A. Kirisaki (100%)   Mar 19 Déc - 21:11

Je te le redis ici, t'écris tellement bieeeen Comme toujours, j'adore tes persos ! Puis là elle a un sacré caractère, j'adore ça 8D
Je m'attendais à pleurer pour l'histoire mais... *range la boîte de mouchoir et arrête de renifler* Y'a rien (non c'est pas vrai, elle est énorme ♥️)
Bref, hâte de rp avec
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MessageSujet: Re: Adam A. Kirisaki (100%)   Mar 19 Déc - 21:20

C'était long 8D

L'histoire d'Adam est à la fois passionnante et triste.. J'aime beaucoup !
Bienvenue
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MessageSujet: Re: Adam A. Kirisaki (100%)   Mer 20 Déc - 19:36

Coucou !

Alors comme je te l'ai dis quand j'ai lu ta fiche la première fois, j'ai eu les larmes aux yeux... C'est un personnage mignon au possible, et son histoire est poignante. La justesse des mots que tu utilises met en place des personnages que l'on méprise (*tousse* ses parents au bûcher *tousse*) et d'autre que l'on a envie de chouchouter et avec lesquels on a tout de suite envie de rp.

Pour le coup je rejoins l'avis général et te dis un grand bravo pour cette fiche qui comme toutes celle que tu fais sont parfaites

Tu es donc maintenant officiellement validée !








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MessageSujet: Re: Adam A. Kirisaki (100%)   Mer 20 Déc - 22:58

Avec un train de retard quand même bienvenue à ce nouveau personnage ! Tu sais déjà ce que je pense de "lui", j'avais lu la fiche et tu m'avais demandé ce que j'en pensais et je te le redis : hyper touchant. Je suis toujours dans l'admiration quand je lie tes fiches, c'est un pur plaisir en plus d'être ultra émouvant. ♥️
Hâte de rp ensemble, et faudrait qu'on parle de liiiien !

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