Autumn Cold ( Pv Mashiro Kasama)

rédigé par Plume Sucre le Sam 3 Nov - 12:44
Poster un nouveau sujetRépondre au sujet
. :
Inscription : 02/10/2018
Messages : 5
Clochettes : 58
Avatar : Esper Form - Final Fantasy
Occupation : Bête de Foire
. :
Inscription : 02/10/2018
Messages : 5
Clochettes : 58
Avatar : Esper Form - Final Fantasy
Occupation : Bête de Foire
Roturier
. :
Inscription : 02/10/2018
Messages : 5
Clochettes : 58
Avatar : Esper Form - Final Fantasy
Occupation : Bête de Foire
. :
Inscription : 02/10/2018
Messages : 5
Clochettes : 58
Avatar : Esper Form - Final Fantasy
Occupation : Bête de Foire
avatar

Just close your eyes and let me lead, follow me home... Where the lonely ones roam

A midi, Plume n'était pas de sortie. Elle était à l'abri derrière la paille et les barreaux, loin des mains joueuses qui s'enfonçaient dans ses oreilles et ses cheveux. Mais cette douce solitude qui était la sienne, était gâchée par l'austère matinée qui l'abandonnait presque bleue jusqu'au bout des griffes et tremblante d'une légère fièvre. Les maîtres ne donnaient jamais à Plume de couverture, persuadés que sa chevelure suffirait à la tenir au chaud et peu enclin à décoller les draps au matin.

Ils ne savaient pas... Non, ils ne se doutaient pas qu'après quelques heures les longues mèches ne collaient plus et ne l'avaient, de toute façon, jamais protégé du froid pour commencer. Mais ce n'était pas étonnant, puisque les maîtres ne savaient pas grands choses. Ils ne devinaient pas que quand la grenouille croassait, la pluie s'en venait, ni même que le goût du vent sur le bout d'une langue tendue pouvait annoncer l'orage une semaine à l'avance. Plume ne leur en tenait cependant pas rigueur, car les maîtres étaient les maîtres: forts et tout-puissants.

Plume émit un petit sifflement dépité et commença à réarranger sa vielle paille autour de son corps pour se tenir un peu plus au chaud. Par pur désespoir, elle avait déjà essayé de se tirer les cheveux à deux mains. Lorsque la nuit était trop glaciale et qu'elle était prise de spasmes, Plume, de toutes ses forces, avait tiré sur son scalpe pour l'obliger à pousser, en vain. Son pouvoir ne marchait pas ainsi et elle devait se contenter de supporter la lune jusqu'à ce que le soleil monte et ramène un peu de sa chaleur bienfaitrice.

D'habitude, le gruau du déjeuner aidait Plume à tenir une après-midi d'automne ou d'hiver sans bouger à l'intérieur de la cage, mais aujourd'hui les maîtres semblaient particulièrement agités et aucun n'était venu voir Plume pour lui apporter à manger. C'est donc le ventre creux qu'elle s'était réfugiée dans le coin le plus à gauche de la roulotte, là où le vent frappait moins fort et ne mordait pas aussi sèchement dans ses côtes maigres.

Quand même, Plume avait faim... Et Colombe, posée à côté, en train de picorer un morceau de pain, semblait bien grasse et bien délicieuse. En plus, Colombe n'était pas très intelligente, ou pas très gentille. La blanche femelle ignorait constamment Plume quand celle-ci tentait de l'appeler pour réclamer une ou deux miettes à grignoter. Elle n'était pas capable d'obéir non plus, et elle était fragile, au point qu'un simple coup de patte puisse la tuer.

Malheureusement, Colombe était aussi la propriété de Maître Marcus et Plume ne craignait que ce dernier ne la frappe si elle croquait dans la tête de son amie. Brusquement, dite Colombe releva la tête pour la regarder et se mit à roucouler avant de s'envoler. Pas si bête, après-tout.

Dehors, un certain raffut se faisait entendre maintenant, et Plume vint s'emparer de ses barreaux avec l'espoir de voir arriver l'un des maîtres et un repas chaud. À la place, elle entrevit le grand-maître du chapiteau. C'était celui dont le nom lui évoquait toujours des frissons dans le dos et la petite hybride se cacha avec un couinement apeuré.

Le grand-maître ne descendait jamais que pour punir Plume et elle était inquiète. Colombe avait-elle rapporté au grand-maître sa mésaventure ? Tremblante, elle se réfugia sous sa paille, un seul œil dépassant d'entre les brindilles pour l'observer approcher de sa démarche souple et déguingandée. Il ondulait à chaque pas -en bon serpent à sonnette- et portait cette étrange peau blanche comme la neige qui collait à son corps et donnait à sa silhouette un éclat un peu éblouissant.

Plume n'avait jamais compris l'intérêt de cette double peau qui n'avait pas l'air extrêmement solide, mais s'était faite à l'idée après avoir vu qu'elle était commune aux maîtres, bien que variante d'aspect et de couleur. Peut-être était-ce décoratif comme les plumes de Perroquet ? Un outil de séduction pour attirer les femelles en chaleur. C'était jolie en un sens et Plume, avait toujours souhaité en tester la saveur et la matière, mais on lui avait claqué la main à en devenir rouge sang à chaque fois qu'elle y avait posé une griffe et elle s'abstenait désormais de cette curiosité.

-C'est ici que nous avons nos spécimens les plus exotiques et les plus rares. Comme vous le voyez, ils sont tous en parfaite santé.

Si Plume ne comprenait pas, elle frémissait quand même. Le ton du grand-maître était une mélodie doucereuse qui n’annonçait jamais rien d'agréable en perspective. Dans son champ de vision, une nouvelle silhouette apparut bientôt et elle plissa les paupières. Voilà, un maître qu'elle ne connaissait pas.

Plume avait du mal à le distinguer depuis sa position, néanmoins son regard jaune et expérimenté de petite voleuse fut tout de suite attiré parce que le maître portait à sa poche. Là, juste à la hanche, une pierre scintillante brillait de mille-feux. Ses griffes cliquetèrent avec intérêt. C'était éclatant et si beau, d'une couleur et d'une texture que la griffonne était certaine de n'avoir jamais vu encore ! Et par conséquent, très intéressant. La peur et l'angoisse taraudaient son ventre, mais la curiosité était plus forte, Plume était attirée comme une abeille par du miel. Elle déglutit et patienta jusqu'à ce que le grand-maître ait le dos tourné.

Quand il s'éloigna d'un pas, avant même que le nouveau maître ne puisse le suivre, Plume surgit de la paille d'un bond. Son bras s'étendit entre les barreaux et elle s'empara avec courage de la pierre. Ses doigts se refermèrent sur une matière froide qu'elle tira et qui se décrocha sans mal à son soulagement.

Vive comme l’éclair, Plume retourna se cacher sous la paille, sa trouvaille précieusement serrée contre son cœur. Avec un gloussement de plaisir tout féminin, elle se mit à caresser le bijou avec délicatesse et pencha la tête. C'était plat et creux à la fois, plein de dessins étranges et complexe qu'elle ne saisissait pas. Inconsciemment, ses phalanges passèrent au-dessus des fissures et des plis dessinant lentement le mot : Milice.

Feat Plume Sucre and Mashiro Kasama
Page 1 sur 1Revenir en haut Aller en bas

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: monokuro :: fête foraine - fun fair-
Sauter vers: