Se Jeter dans la Gueule du Loup (PV Masaru)

rédigé par Sayuri Gôto le Ven 2 Nov 2018 - 2:18
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Se Jeter dans la Gueule du Loup

Masaru n'a pas changé, il a toujours l'art et la manière d'avoir l'air d'un mannequin sur une brochure de mode. Peu importe l'heure ou le moment, qu'il soit tout juste sorti du lit ou sur le point de s'écrouler d'épuisement, il parvient chaque fois à être aussi sexy et je suis sûre que même lorsqu'il est assis sur la lunette des toilettes, il est à se damner. C'est idiot, mais c'est tout ce qui me vient à l'esprit alors qu'on attend patiemment rangé en rang dans le couloir du hall et qu'il vient d'apparaître après un long week-end de gardes sans repos, les yeux voilés comme s'il venait tout juste d'avoir un orgasme et la malice au coin du regard. Il est tellement sûr de lui, pleine d'une assurance qui me fait frémir et me retourne l'estomac. Jamais, je n'aurai cette assurance-là.

Masaru et moi, on est comme le jour et la nuit, différents à tous les niveaux, différents au point de n'avoir jamais foulé du pied le même pavé, comme deux funambules posés sur des lignes parallèles, destinés à s'apercevoir sans jamais se croiser. Je n'ai de Masaru que des impressions et des souvenirs vieux d'une dizaine d'années, mais même ces derniers ne sont pas vraiment miens. Ce sont les propos d'Aiko et les histoires de Tsukasa, ces bribes et ces rumeurs que j'ai volé à la dérobée d'une conversation, ce qu'ils ont bien voulu me raconter sur ce démon au sourire d'ange qu'est Masaru. Je le sais, je ne le connais pas du tout. On a jamais été amis et on ne s'aime pas. Cela dit, si on a aucune de raison de s'apprécier, on en a pas non plus de se détester. De s'éviter peut-être, mais de se haïr ? Certainement pas! Alors pourquoi, ai-je cette horrible impression qu'il va être tout, sauf heureux de me voir ?

Ce n'est pas logique, reprend-toi, Sayuri.
Bon sang ma fille, sois professionnelle !


Masaru commence son inspection, il prend nos fiches - celles des nouveaux internes - et se met à feuilleter les pages avec cette nonchalance caractéristique qui a le don de donner des frissons à n'importe quelle midinette en chaleur du coin et, à ma grande honte, je ne fais pas exception. En fait, je suis la première accrochée à la route que ses doigts tracent sur les mots, puis dans ses cheveux pour remettre quelques mèches indisciplinées derrière son oreille si pelucheuse et ronde, animale. Il s'humecte le bas de la lèvre et je déglutis, bruyamment.

Plusieurs regards amusés se tournent dont le sien, dur et froid, aussi tempétueux qu'un orage en pleine mer. Je sens mes joues qui me brûlent et je baisse la tête, rapidement.

Bravo pour le professionnalisme, ma grande !

Je n'avais vraiment pas envie qu'il me remarque comme ça...
Le col de ma robe d'infirmière se met à me gratter affreusement et je me fais violence pour ne pas l'écarter et me donner encore plus en spectacle. J'ai le don de me figer, bafouiller ou faire d'étranges crises d'urticaire quand je suis stressée, c'est devenu moins important avec les années, mais ça n'a pas totalement disparu. Je sais que Masaru saura reconnaître les signes de ma nervosité et je ne suis pas certaine qu'il ne compte pas utiliser cela à son avantage. C'est le truc avec Masaru, il a toujours l'air de vouloir préparer un mauvais coup, même quand il est gentil. Je n'ai jamais eu totalement confiance en lui, c'est plus fort que moi, il me terrifie. Je ne suis pas à l'aise en sa présence et je doute l'être un jour.

C'est très ironique en un sens, parce que je savais pertinemment qu'il serait dans ce pensionnat quand j'ai postulé pour entrer à Monokuro.
En fait, je savais même très bien qu'il serait mon chef de service.
Alors qu'est-ce qui m'a pris franchement ? Qu'est-ce que j'espérais en débarquant du jour au lendemain à son école ?

Des réponses, -me répond automatiquement mon esprit.- et Shannon.

Shannon. Le nom roule sur le bout de ma langue et je retrouve un semblant de contenance.

Oui, Shannon. Mon petit Shannon, c'est pour lui que je suis ici. -me forçai-je à penser, une main enfouie dans le bas de ma jupe à l'arrière, pour la baisser un peu plus bas que les cuisses, jusqu'aux genoux.-

Shannon, qui depuis des années ne parle plus avec son père. Shannon qui vit chez moi et que je vois souffrir au quotidien de l'absence d'une mère morte et d'un paternel irresponsable qui a préféré le fuir plutôt que de l'élever. Évidemment, ce n'est pas comme si je pouvais attraper Masaru par le bras et le traîner dans une pièce pour lui hurler dessus. Même-moi, je suis un tantinet plus subtil que ça, sans parler du fait que financièrement j'ai besoin de ce job et qu'il n'hésitera  pas à me faire virer si je lui manque de respect. Le processus sera plus long et fastidieux qu'une simple conversation à franc jeu, plus complexe et exigeant en terme de temps qu'une dispute, mais si j'arrive, ne serait-ce qu'un tout petit peu, à percer la carapace du démon à jour, alors, peut-être que je pourrais tenter, ne serait-ce, au moins, qu'essayer ? De le pousser à revoir son fils.

Et enfin tenir la dernière promesse que tu as faite à Aiko. -réalisai-je-

C'est forte de cette conviction que je me redresse quand j'entends ses pas qui s'approchent et sa voix, en train d'interroger l'infirmière qui me précède. Je sais que cet entretien n'est qu'une formalité qui vise à vérifier qu'on a bien saisi toutes les règles de l'école, mais je ne peux pas m'empêcher d'avoir envie de prouver que je suis la plus qualifiée parmi toutes ces filles. Je me suis donnée à fond pour obtenir ce poste, je n'ai pas arrêté ! Et je compte bien continuer sur ma lancée pour obtenir le poste d'infirmière en chef et me tenir à ses côtés.

Mon tour arrive enfin, mais je fixe obstinément le mur d'en face, pour éviter de croiser son regard d'anthracite, à mi-chemin entre le houleux bleu de la mer et le gris de l'asphalte. Je dois déjà supporter son électrisant proximité et son entêtant parfum de musc. Dieu seul sait , ce que ce parfum a comme effet sur les femmes. Je l'ai constaté sur Aiko. Je l'ai constaté à chaque fois qu'on a fait des sortis entre amis et qu'il était là et plus que tout, je le constate aujourd'hui, après dix ans de célibat forcé et une libido que je croyais avoir enterré avec la mort de mon magnifique fiancé. Mon ventre rugit à cette odeur brute de mâle et de sexe. J'en tremblerai. Franchement, je me dégoûte presque. Depuis quand suis-je obsédée au point de passer mon temps à baver sur Masaru et à penser, à, à.. ÇA, alors que je suis veuve et au beau milieu d'un pensionnat rempli d'adolescent pré-pubères ?

Il n'y a qu'une possibilité et c'est que je suis vraiment devenue une vielle  fille. Merveilleux, fantastique, génial, c'est vrai quoi... On a tous envie d'être frigide à trente quatre ans !

rédigé par Masaru Hishima le Sam 3 Nov 2018 - 14:07
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Les journées comme celle-là, je préfère les éviter. Si j'ai choisi de m'isoler dans ce nid à cafards, ce n'est très certainement pas pour retrouver un semblant de vie sociale, bien au contraire. Il est plus qu'évident que ces dernières années j'ai fait tout mon possible pour ne pas me coltiner un quelconque assistant ou autre forme d'animal de compagnie. À croire que les candidatures sont si affluentes qu'ils se contrefichent bien des raisons des précédents départs. Est-ce que les petits nouveaux sont au courant au moins que leur prédécesseurs sont pour la plupart parti par ma faute ? Je doute que se soit indiqué dans l'annonce à laquelle ils ont dû postuler ; Les pauvres. Vais-je devoir pour la énième fois pousser une soufflante dans les bureaux pour leur faire rentrer une bonne fois pour toute dans le crâne que je n'ai pas besoin de partenaire ? Non, mieux -ou pire-,  ce n'est pas que je n'en ai pas besoin, c'est essentiellement que je n'en veux pas. Non loin de moi l'envie de voir traîner entre mes pattes un cloporte qui ne ferait que me ralentir en perturbant ma routine. Ai-je la tête d'un homme enclin à changer sa façon de travailler en fonction des autres ? Non, non et définitivement non. Pour rien au monde je ne changerai mes habitudes pour une tiers personne, encore moins si cette dernière m'est en plus de ça inférieure.

Comment vais-je devoir m'y prendre alors pour passer l'envie à ces petits imbéciles de vouloir travailler ici ? Il va me falloir trouver quelque chose pour les en dissuader et plus exactement les dégoûter de telle sorte qu'ils propagent à l'extérieur de vilaines rumeurs. J'en ricane d'avance de délectation à la perspective de tous ce que je pourrai leur faire subir tant et si bien qu'il me semble avoir vu numéro trois se redresser soudainement, comme s'il venait de s'enfoncer un balais dans les fesses. Es-ce que je lui fais peur ? Mon rire était-il si étrange ? Je ne peux pas lui en vouloir après tout. C'est difficile de faire face à un aussi gros félin sans serrer le popotin.

-En voilà un qui n'aura pas sa chance. Me murmurai-je à moi-même lorsque je passe devant le candidat au poste d'Infirmier. J'aime que l'on me craint autant que les chiffe-molles me répugnent.

Le couloir qui mène à mon antre, celui-là même que j'arpente sans interruption depuis deux nuits me donne pour la première fois en plus de quatre ans, l'effet du « Death Row ». Est-ce qu'ils se sentent comme sur le point de monter à la potence ? Je sens des frissons parcourir mon corps à l'idée d'être leur bourreau. L'ambiance particulière et quelque peu déjanté de ce pensionnat semble déteindre sur moi j'en ai bien peur. Mon regard se pose sur la première feuille présente dans la liste et j'y vois alors le curriculum vitae d'une jeune enfant qui sort à peine de ses études. Pauvre bichette, elle va devoir se trouver une prairie à brouter. Je ne prend pas la peine de dire quoique se soit, je laisse simplement la mine de mon crayon retranscrire sa sentence sur le papier avant de passer à la suite avec agacement.

-Tu n'as rien à faire ici. Encore une remarque que je passe sous silence. Cette dernière est toutefois adressée à une personne en particulier, une femme qui, comme je viens de l'affirmer, n'a strictement rien à faire en ces lieux.

Sayuri Gôto. Que fait donc ce bout de femme là ? Qu'est-elle venue foutre dans cette école ? Dans MON pensionnat et de surcroît, dans MONOKURO. Aussitôt, à l’aperçut de son nom, à la vue de sa silhouette, à la sensation que me laisse son regard sur moi, ma gorge me gratte, mon souffle me manque, ma cavité se rétracte. Systématiquement je relève le bras pour étendre mes doigts de sorte à atteindre mon nœud de cravate pour le défaire, ce qui à pour effet d'ouvrir mon col et laisse à ma paume d'Adam une voie libre à sa circulation. Un geste qui en d'autre circonstance passe inaperçue, produit en cet un instant un effet plaisant sur les nouvelles recrues. Je peux les sentir se crisper et ça me plaît. Le silence macabre qu'ils se sont imposés et que je laisse s'éterniser exprès est malgré moi interrompu par un son que je n'ai aucun mal à identifier.

-Coquine.

Oh que oui je t'ai entendu. Je sais ce que ça signifie, je sais parfaitement ce que veux dire un tel son. Tu viens de déglutir n'est-ce pas ? Tu essaiera très certainement de le nier, mais nous savons tous les deux que ce n'est pas par crainte que tu l'as fait mais par désir. Combien penses-tu que j'ai côtoyé de femme pour devenir sensible à ce genre de réaction. Je ne suis pas un maître ni même l'égal de Sherlock Holmes, mais, je n'en suis pas moins suffisamment expérimenter pour savoir reconnaître quand on a des vues sur moi.  

Cela étant, que ça vienne de toi, ça me répugne. Toi parmi toutes les autres, que tu sois celle qui a eu pareille réaction, ça m'agace. C'est décidé, tu sera la première à partir les larmes aux yeux, tu sera celle qui servira d'exemple et avertissement avant que j'annonce les unes après les autres les réponses que vous attendez tous. À la fin, il n'y aura pas âme qui vive dans ce couloir et je pourrai alors retourner dans ma salle pour poursuivre la sieste de laquelle j'ai été extirpé. Mes doigts s'agitent, mon poignet remue, mon stylo griffonne sur les feuilles de candidatures pour s'arrêter sur celle où la photo de la brune est visible, et, l'envie d'y dessiner une moustache est palpable.

C'était inévitable, je devais m'y attendre. Quand je passe devant elle, je ne parviens pas à empêcher mes sens de réagir à l'arôme de son parfum, à  la fragrance qui émane de son corps. Cette senteur florale qui se mêle à la douceur du miel et à l'amertume du chocolat. Tout mon être trésaille alors que ça ne s'était jamais produit auparavant, il y a plus d'une dizaine d'année. C'est étrange, c'est la première fois qu'elle provoque chez moi une telle sensation. Mes paupières se ferment un court  instant pour mieux capter le reste des ingrédients qui la compose afin de mettre le doigt sur celui parmi tous qui m'interpelle temps : Les phéromones. Voilà ce qui a changé depuis notre dernière rencontre, elle dégage ce petit quelque chose que les femmes célibataires produisent pour signaler qu'elles sont « open ». Je ne la pensais pas comme ça.

-Vous pouvez tous dégager.

Ma voix s'élève enfin dans une tonalité rauque et lugubre marquée par le manque de sommeil et le besoin d'une tasse de café. Mes doigts s'affirment et mon carnet claque, ce qui a pour effet d'en faire sursauté quelques uns. Je peux lire sur leurs visages l'incompréhension et le mécontentement.

-On ne vous l'a peut-être pas dis, mais nous n'avons pas besoin de personnes à chaperonner ici.  Enfin, pour être honnête. Disons seulement que je ne vous veux pas dans mes pattes.

Osai-je avouer sans la moindre honte ni peine à leur égard. Mon sourire à lui seul suffit pour démontrer combien je me réjouis de les voir s'insurger. Je passe un pied en avant pour les rappeler à l'ordre puis un autre pour les discipliner avec plus de fermeté encore.

-Saviez-vous avec qui vous alliez travailler avant de venir ici ? Etiez-vous au courant que j'étais à la tête de ce service ?

Je suis certains que parmi eux, certains l'étaient, d'autre sont même sûrement venu parce que j'y suis. Ma réputation n'est plus à faire et ce ne sera pas la première fois qu'on vienne à moi non pas pour mes compétences dans la médecine mais pour les petits bonus qu'apporte l'expérience de mon célibat. En est-il de même pour elle ?

-Quoiqu'il en soit, comme je l'ai déjà dit, vous pouvez dégager. Je ne veux pas de vous ici.

Je marque une courte pose, mes phalanges ajustent ma blouse, mon visage bascule et mon bras fini par se tendre pour que pointe mon index dans la direction de l'imbécile glutissante.

-Sauf toi, tu restes. J'ai des choses à voir avec toi en privé.

Et voilà que la basse-cours reprend ses droits. Je peux déjà entendre les dindes glapirent et devine facilement la raison. Elles doivent très certainement ce dire que la petite nouvelle que je viens de désigner va avoir droit à son heure de plaisir. Quelle douce et délicieuse réputation qu'elle vient déjà de se faire.

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