Toute rencontre n'est pas le fruit du hasard. (PV Aamon)

rédigé par Vanilla Saionji le Sam 20 Oct - 17:37
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It was raining the day, I met you.

toute rencontre n'est pas le fruit du hasard.

Vanilla connaissait par cœur toutes les venelles, toutes les petites rues, tous les grands axes et tous les coins du joyeux, mais sinueux village qu'était Monokuro. Elle avait parcouru le dédale de ses galeries par toute saison et par tout temps, des centaines, non des milliers de fois depuis plus de dix ans. En fait, elle avait toujours fait le chemin depuis l'école à sa maison de campagne, en bordure ouest de la ville, seule, d'aussi loin qu'elle s'en souvienne et d'aussi loin que sa mémoire ne puisse lui permettre de remonter. En primaire, comme au collège et maintenant au lycée, alors même déjà qu'elle faisait ses premiers pas et était tout juste sortie du ventre de sa mère, personne ne lui avait tenu la main. Personne ne lui tiendrait jamais la main. C'était ainsi, Vanilla avait toujours été seule avec pour toute compagnie sur le chemin du retour le vent et la pluie, qui noircissait ce soir encore le ciel de gris, et faisait tapoter son fin crachin sur la toile de son parapluie. Mais la jeune hybride n'accélérait pas son rythme, certaine que quoi qu'il advienne aucune âme qui vive ne l'attendait dans la grande maison qui était la sienne; pas même les domestiques qui avaient tous déménagé un par un, année après année, pour rejoindre ses parents loin de l'éternel exil qu'était la vie dans ce pays.

Vanilla, elle, était restée. Non pas qu'elle n'ait pas été invitée à partir ! Au contraire, son père, comme sa mère, lui avait proposé de venir et de les rejoindre dans cette oasis qu'ils s'étaient construits par-delà la frontière. Toutefois, ces figures parentales qu'elle n'avait jamais que croisé le temps d'un soir étaient bien moins familières que les murs de cette maison qui l'avaient vu grandir. Vanilla avait donc souhaité rester et ils n'avaient pas dit non. Les parents de Vanilla ne disaient jamais non. En réalité, il était aussi rare pour eux de dire non que d'être présent, toujours à voyager à droite et à gauche, à parcourir le monde à la recherche de quelques trésors. Ce n'était pas des gens particulièrement méchants ou irresponsables. Ils étaient même -d'après la plupart des domestiques- des patrons adorables et profondément généreux. Mais voilà, des "patrons", ce n'est pas l'image que Vanilla aurait voulu avoir d'eux en tant que fille. Elle aurait voulu être égoïste et pouvoir demander un peu plus. Mais, qu'y pouvait-elle si ces parents n'avaient pas la fibre maternelle ?

Non, peut-être exagérait-elle et peut-être était-elle injuste... Peut-être qu'à cette époque lointaine et floue, qui désormais ne semble être qu'un dessin informe, une aquarelle sans couleur pâlie par l'adolescence et ses mourons, sa mère l'avait en effet prise dans ses bras, caressé de ses doigts chauds et embrassé sur le front. Peut-être que son père l'avait récupéré à la crèche les fins d'après-midis, serré contre sa poitrine et contre son cœur, dans ce long manteau noir parfumé à la menthe alors qu'il lui promettait du pain, du chocolat et une soirée passée à trois devant la télé avant qu'il ne reparte le lendemain pour ne jamais revenir le jour d'après. Peut-être qu'ils lui avaient murmuré des mots doux à l'oreille et chanté une berceuse avant de s'endormir le soir, après que le crépuscule ce soit enfuit et que la nuit ne soit tombée. Peut-être l'avaient-ils bordé aussi, et peut-être même avaient-ils patienté, assis au bord du matelas, guettant d'un regard qu'elle s'endorme à poing fermé et somnole d'un sommeil réparateur où les monstres ne sortirait pas du dessous du lit, tenus à l'écart par leurs bras protecteurs. Peut-être, avaient-ils fait tout cela pour elle et plus encore... N'avaient-ils pas fait en sorte de lui envoyer à chaque anniversaire et à chaque fête, une lettre ? Ne lui avaient-ils pas proposé de venir ? N'était-elle pas celle qui avait refusé ?

Vanilla avait beau se le dire, elle n'éprouvait aucun remord. Parce que la vérité, c'est qu'elle ne se souvenait plus. Elle ne savait plus. Elle avait beau fouillé et creusé, cherché dans les recoins les plus reculés de son esprit, une voix ou un visage, des paroles, rien ne revenait jamais. Et elle ne pouvait pas affirmer avec certitude que tout ceci n'était pas le produit de son imagination, que ce n'était pas cet étrange manque au creux de sa poitrine qu'il lui faisait s'inventer quelques souvenirs où les mains caressantes n'étaient, non pas celles des domestiques payés pour veiller à son bien être, mais bien celles de ses parents. De la mauvaise foi ou une utopie, Vanilla n'était pas certaine de savoir quelle réponse était la meilleure, ni même quelle explication son esprit creusé par la soif d'amour préférait vraiment. Alors, elle se contentait de ne juste pas y penser. Il y avait dans sa vie, dans sa tête et dans son cœur un éternel, mais familier vide. Un trou qui n'était ni douloureux, ni désagréable et juste, juste présent.

Bientôt Vanilla arriva à un embranchement de rues étroites et serrées, sombres en leur sein. Un lieu qui n'aurait pas inspiré confiance à une jeune femme seule, surtout en si funeste fin de journée, où il faisait déjà presque noir alors que minuit n'avait pas sonné. Mais l'état terne de ces ruelles n'inquiétait en rien Vanilla qui les aurait parcouru les yeux fermés, sans sourciller. Elle en connaissait les raccourcis et les tenants par cœur, elle n'était pas effrayée de se tromper et surtout, elle était pressée de rentrer maintenant que ses articulations commençaient à lui faire mal et que son corps se refroidissait à vue d'oeil. Maudit pouvoir -pensa-t-elle-, toujours à se déclencher par les soirées les plus austères, elle n'en sentait déjà plus ses pieds. Avec la perspective du bon bain chaud qu'elle pourrait se faire couler une fois rentrée, Vanilla pressa le pas sans regarder devant, ni derrière, avançant avec l'assurance de ceux qui connaissent leur route si bien qu'ils pourraient la dessiner dans leur tête à l'endroit comme à l'envers. Cette même assurance qui, dans sa hâte, la fit brusquement trébucher sur un corps mort.

Dans un hoquet absolument indigné, Vanilla atterrit tête la première sur les dalles poussiéreuses du petit chemin de terre et de pierres. Son front claqua par terre et elle serra les dents. Les joues rouges et le souffle court, la poitrine en feu, elle se tourna vers l'ivrogne qui gisait là, allongé comme si de rien n'était. Ah, vraiment, elle avait envie de hurler. Elle l'aurait presque frappé et elle avait déjà la bouche pendue et ouverte prête à crier, lorsque son souffle se coupa nette dans sa gorge. .


… … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … …


Aujourd'hui, n'était pas censé être un jour différent des autres. Il pleuvait comme la météo l'avait annoncé plus tôt dans la matinée. J'avais eu cours aux mêmes heures et avec les mêmes professeurs que d'habitude et j'avais fini pile à l'heure. Je n'étais pas en retard pour ma série du soir et je pourrais me reposer tranquillement une fois à l'abri, installée dans le silence religieux de cette maison que j'adorais plus que de raison. Si on oubliait cette vielle lettre froissée que je n'avais ni le courage d'envoyer, ni de jeter, cette fin d'après-midi était habituelle et agréable, quotidienne et familière. Les sourcils froncés, je persistais à malmener le papier entre mes doigts, incapable de simplement le laisser se tremper et se déchirer sous la pluie, noyé sous le léger flot qui tapotait comme une chansonnette sur le pavé du trottoir, dans mon dos et sur le parapluie. Cela dit, j'avais beau y réfléchir encore et encore, la conclusion était toujours la même et aucune pensée rationnelle ou logique ne parvenait à faire dévier la finalité de cette simple vérité : à quoi bon souhaiter un bon anniversaire à ma mère quand je ne savais ni ce qu'elle aimait, ni ce qu'elle pouvait bien désirer ?  

Je préférais être sage et silencieuse. J'étais déjà reconnaissante du fait qu'elle me laisse vivre sous ce toit dont elle, comme père, n'éprouvaient aucun besoin, mais qui était le seul lieu que j'avais connu et le seul endroit où je me sentais à l'aise. Et puis acheter un bijou ou un collier avec l'argent de la main qui me nourrissait, n'était-ce pas hypocrite ? Du peu que je savais mes parents étaient des gens pratiques qui ne s'embarrassaient pas d'affaires inutiles, alors franchement toute poésie et autres cadeaux sentimentaux étaient également hors de propos. Sur cette pensée, je fermais vivement le poing, à deux pas de la petite rue qui me permettrait d'arriver chez moi, avant que l'orage ne gronde si fort que mes jambes s'engourdissent et me laissent à genoux, incapable d'avancer. Si cela arrivait, je n'avais juste personne à prévenir et je n'étais pas d'humeur à jouer les demoiselles en détresse.

Mon haleine formant une buée blanche autour de ma bouche, je refermai fermement mon écharpe autour de mon cou. Mes cheveux me taquinaient les narines, mais au moins ils me tenaient chauds aux oreilles et je me faisais une fois de plus la triste réflexion que non, même s'ils étaient gras et sales, car je n'avais jamais le courage de les laver et les sécher par temps d'automne ou d'hiver, je ne les couperai pas. Et cela même pour faire plaisir à mes professeurs qui disaient qu'un tel manque d'hygiène gâchait un si joli visage. Un si joli visage... Une exagération. Mon visage n'était pas plus beau, ni plus laid qu'un autre. C'était mon visage et il n'appartenait qu'à moi.

Avec un soupir, j'accélérai le pas, presque au milieu de la route quand brusquement mon pied se prit dans une masse informe. Dans un dérapage strident, je me sentis basculer et voler. Pendant un moment, le temps s'arrêta comme en suspension, la terre et le ciel étaient inversés, mes pieds en l'air et ma tête en bas. J'étais tenue dans le vide par le nombril, en apesanteur, une transition de très courte durée puisque la seconde d'après je me mangeai le sol noir de saleté et d'éclats de verre. D'ailleurs, l'un de ceux-ci se ficha dans ma lèvre que je me coupai et qui se mit à saigner, l'hémoglobine dévalant mon menton comme l'eau le fait depuis les chutes du Niagara. Les sourcils légèrement froncés, la cheville tordue, mais pas cassée -au moins au vu du fait que je pouvais la bouger sans couiner- je me tournai, furieuse, vers ce qui venait de me faire percuter si violemment le parterre. Un homme à l'évidence, sans doute un ivrogne. Et il n'avait même pas cru bon de me dire pardon. Comme si j'allais laisser passer ça comme ça. Je n'étais certainement pas effrayée de faire la morale à un clochard, aucune situation aussi pauvre soit-elle n'excusait le manque de savoir vivre ou de politesse.

La main plaquée sur ma bouche ouverte et douloureuse pour endiguer le flot de sang, je me retournai prête à hurler, mais ma voix se figea tout de suite. Elle s'envola comme aspirée par mes poumons alors que mon nez se mit à émettre un léger sifflement signe de la profonde inspiration que je venais de prendre. L'homme en face de moi aurait pu être mort. La bile au palais, je baissai la main et fermai la bouche, toute contusion et toute douleur oubliée. Je n'aurai pas pensé trouver un cadavre en rentrant des cours. Brusquement, cette journée n'était plus si banale. Les premiers émois effacés sous une épaisse couche d'anxiété, mais aussi dans un accès de curiosité malsaine, j'approchai à quatre pattes de ce corps avachi et prostré, dont il ne semblait s'échapper aucun souffle. Le macchabée avait la peau plus pâle que la neige et un simple contact du bout des doigts me suffit à confirmer qu'il était glacé. J'eut un hoquet et observai dans un étrange malaise, l'arc du dos et les mains posées à plats contre les galets, ouvertes en direction du ciel telle une prière, puis les habits déchirés qui laissaient entrevoir un torse musclé, mais abîmé de centaines de cicatrices à la chair encore tendre.

Je songeai dans la seconde qui suivit à la milice, à la police et aux gangs qui sévissaient dans la région. N'importe qui aurait pris ses jambes à son cou, j'aurai dû prendre mes jambes à mon cou, mais je m'en trouvai incapable, comme trans-figée par ce corps brisé et solitaire, si terriblement désolé. En cet instant, c'est tout ce qui me venait à l'esprit, que ce cadavre avait l'air tellement, tellement seul et que je ne pouvais définitivement pas l'abandonner ainsi, même si par tous les diables de Monokuro, je ne savais absolument pas comment j'allais bien pouvoir le traîner sur mon dos jusqu'à la rue voisine. Mais m'enfuir et l'abandonner à l'estomac vorace des rats ? C'était inconcevable, je n'imaginais pas qu'aucun hybride n'eut mérité pareil fin, même si dans le fond, je ne savais certainement pas ce que celui-ci avait bien pu faire pour se retrouver dans cet état avancé de désolation.

La jointure de mes annexes encore tremblante du choc et de la surprise que je venais de subir, j'écartai quelques mèches brunes de ce visage maculé de sang écaillé que je distinguais à peine. Je ravalais ma salive et prise d'une frénésie incontrôlable, sortait un mouchoir en soie de mon cartable pour commencer à essuyer les joues striées de larmes, de suie et de rouge de cet inconnu dont je devinais tout juste les traits entre la boue et la crasse. Ah ! - je me fis la réflexion alors que sous mes mouvements la peau blanchâtre réapparaissait enfin - C'était mon mouchoir préféré... J'allais écarter mon poignet quand un imperceptible mouvement de sourcil et un souffle inaudible, mais fiévreux me fit violemment sursauter. À côté de moi, le bras de l'étranger eut un soubresaut et une paupière se souleva péniblement pour révéler un regard brûlant, si brûlant en fait qu'il me pétrifia totalement dans sa lueur dorée. Comme une biche prise de stupeur par les brillants phares d'une automobile, je restai statufiée, incapable d'émettre le moindre son. Jamais encore, je n'avais distingué une lueur plus étrange et plus fascinante que cet éclat de lave en fusion qui sembla me prendre toute entière et m'analyser le temps d'une seconde, avant de disparaître à nouveau, avaler sous une masse de cils et un soupir fatigué. Il est vivant. -réalisai-je avec stupeur- Il est vivant, mais glacé.

-Oh mon dieu... Monsieur, monsieur ! -m'empressai-je de crier- Vous ne devez pas fermer les yeux. Vous êtes blessés et en crise d'hypothermie.

Paniquée, je regardai autour de moi à la recherche du moindre indice, de la moindre personne à appeler au secours. Mais si profond dans la ruelle personne ne pouvait nous voir, ni nous entendre et par le temps que j'arrive à l'emmener à de l'aide ou lui en trouver, il serait bien trop tard. L'homme serait juste décédé de froid. Les dents serrées, je secouai la tête. Allez Vanilla ! -m'invectivai-je- Tu peux le faire. C'est ton devoir en tant que personne et citoyenne respectable. De toute façon, il est inconscient et... tu n'as pas le choix. Sois courageuse, tu es la seule à pouvoir faire quelque chose. Pour une fois que ton pouvoir peut servir à quelqu'un, sauve-le bon sang !

Oui, c'était la seule solution. Les yeux clos d'appréhension, j'arrachai donc ma cravate d'uniforme, puis les boutons de ma chemise, les défaisant un a un pour la faire glisser le long de mes bras avec un frisson et la jeter ensuite dans mon sac. Dieu merci, j'avais eu sport avec Mr. Asahina ce matin et la présence d'esprit d'avoir mis une brassière. Ce serait moins gênant que de ne pas avoir eu de soutien gorge ou un de ses ensembles à dentelles que je possédais par centaines dans mes tiroirs. Je ne comprenais pas vraiment l'utilité de la lingerie fine, mais je me voyais mal me plaindre de ce qu'on avait cru bon de me faire livrer pour mes besoins journaliers. J'étais bien trop contente de vivre en paix pour oser me plaindre. Déterminée, je me relevai sur mon pied enflé -non sans grimacer- et enlevai ma jupe pour la ranger à son tour soigneusement, dans mes affaires de classe. Je n'aurai qu'à caler le cartable sous mes fesses et j'aurai un coussin presque respectable. Hésitant encore une seconde, je jetai un nouveau coup d'oeil à l'homme prostré et son teint de mort me rappela immédiatement que je n'avais juste pas le temps de tergiverser s'il n'était pas déjâ trop tard. Il était en train de mourir et j'étais la seule âme qui vive à pouvoir essayer de lui venir en aide. Je me glissai ainsi, non sans trembler et non sans appréhension, l'estomac nouée à vrai-dire en un millier de nœuds, contre ce corps glacé dont je retirai les lambeaux de vêtement d'une main sèche, mais ferme. Ce n'était pas bien difficile, quand il n'en restait pratiquement rien de toute façon.

-Pardonnez-moi, mais c'est pour votre bien, d'accord ?

Je préférais prévenir, même si je doutais que dans son inconscience le pauvre bougre n'est entendu quoi que ce soit. Les lèvres pincées je m'emparai finalement de son visage abimé et le posai aussi douce que possible dans le creux de mon cou. Ses lèvres gercées contre ma nuque me faisaient peur, et pourtant le souffle inaudible qui s'échappait d'entre-elles m'encourageait en même-temps à continuer et me confortait dans ma décision. C'était très paradoxal comme sensation. Un peu haletante, je forçai ensuite ses membres engourdis par la faucheuse qui le guettait en silence à s'enrouler autour de mon torse et mes côtes. Après quoi, il ne me restait qu'à me concentrer -plus facile à dire qu'à faire- et enclencher les grenages enroués de ma magie. Cette magie qui été comme hiver, me faisait absorber le froid et la chaleur d'un lieu, ou en l'occurence, comme aujourd'hui, d'un corps...

Le manteau tiré sur son torse pour le couvrir et lui permettre de se réchauffer plus vite, je poussai mon esprit au silence et essayai de capter la sensation de gel qui émanait de son être pour la boire comme une éponge. Bientôt, je pus la deviner qui s'échappait depuis ses pores comme une fumée pour m'envahir et me glacer les entrailles. Bien, pensai-je, alors que frigorifiée, je fermai à mon tour les yeux. Dans quelques minutes, si j'avais réussi mon petit exploit, l'hybride que je tenais entre mes bras serait agréablement réchauffé, à l'abri du froid qui m'aura sans doute endormie d'ici-là telle Aurore de la belle au bois dormant. Mais qu'importe... je saurai survivre comme j'ai survécu à l'hiver passé et tous les précédents. J'espérais juste que je sauvais un homme bon qui n'aurait pas dans l'idée de me dévorer à la première minute sortie de sa torpeur. Au pire des cas, je ne pensais pas manquer à mes parents, ni même à quelqu'un... Sur ce dernier songe je perdis conscience.
@feat Aamon Love you.
Awful
rédigé par Aamon Nurarihyon le Sam 20 Oct - 20:20
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toute rencontre n'est pas le fruit du hasard.




Un monde dans lequel l'être aimé n'est plus est un monde où il n'y fait plus bon vivre. Qu'importe si le ciel est bleu azur, que vous ayez remporté le gros lot à la dernière loterie, même le plus délicieux des mets n'est plus que cendres dans votre bouche, si ce n'est même un amas nauséabonde et répugnant de boue mêlé à des carcasses de larves et d'asticots en décompositions. Quand l'élue de votre cœur n'est plus, il n'y a alors plus rien qui compte autour de vous, pas même votre propre existence. Certains s'en sortent en s'accrochant à un élément qui lui était lié, mais, même ça, je n'en suis pas capable pour la simple et bonne raison que je n'ai rien à quoi m'accrocher justement. Si encore elle m'avait laissé quelque chose avant de s'éteindre entre mes doigts, mais non, rien. Seul son souvenir et ses paroles me sont parvenus et me poussent depuis quelques jours à me demander, si elles étaient bien réeloes, si ce n'était pas le fruit de mon imagination, un fantasme que j'avais tant désiré avoir. Aussi bien, peut-être même que j'ai également rêvé de son existence qui sait, peut-être que tout ce que j'ai vécu jusqu'à aujourd'hui n'est qu'une illusion, un songe qui a viré au cauchemar.

Que pensait-elle faire en prononçant ces mots, ceux-là que j'ai tant cherché à acquérir , mais qui, lorsqu'ils sont enfin sortis de sa bouche, n'avaient sur mon être plus la même ampleur parce qu'il était déjà trop tard, je ne pourrais jamais en profiter. Un poison craché au visage, je n'ai plus les idées clairs depuis, je suis dans l'incapacité de dire aujourd'hui encore s'il aurait été préférable qu'elle ne m'ait jamais dévoilée ses sentiments ainsi que son cœur. Vivre dans l'ignorance, avec le regret de ne pas avoir pu la gagner, aurait-ce été plus supportable que de vivre sans pouvoir lui répondre et lui rendre cet amour ? Il est maintenant trop tard pour le savoir, c'est pour moi une question qui ne trouvera pas de réponse. Elle n'est plus là, c'est tout ce que je sais, tout ce que j'ai vu, tout ce que je ressens. Qu'est-ce qui me restait dans tout ça ? Avais-je de quoi continuer de sourire et faire comme si de rien était ? Non, bien évidement que non. Cette famille qui était la sienne, celle-là même qui était à l'origine de chacune de ses souffrances, je n'avais plus aucune raison de poursuivre mon existence sous leur joug, je n'étais obéissant que parce qu'elle était là, pour elle et rien d'autres. Alors, quand elle a disparu, je ne pouvais en faire que de même sans savoir où aller, sans la moindre perspective d'un avenir, incertain de jusqu'où mes jambes me mèneront et pour combien de temps ma carcasse tiendra le coup.  

S'il y a une force en ce monde qui permet à cette enveloppe de chair répugnante de se mouvoir, c'est bien cette sensation que j'ai éprouvé du bout de mes doigts, et qui traîne inlassablement dans mon esprit en boucle, encore et encore, un cycle infernal qui n'a de cesse de me rappeler combien son sang pouvait être chaud, terriblement chaud, ardent même. Cette main qui s'était glissée contre ma joue pour capter mon attention et s'assurer que je ne la laisserai pas partir seule, j'en ressens encore la douceur mais aussi la froideur, elle qui était pourtant d'une constante température rassurante. De cette ombre gravée, il ne reste maintenant que des marques sanguinolentes et perfidement accrochées, une joue lacérée à répétition dans l'espoir d'y effacer, ou du moins remplacer les vestiges de son passage. Dans un même temps, ces cicatrices qui se forment lentement sont également un rappel de ma faiblesse, de mon impuissance, encore une fois. Réduis à ne jamais pouvoir sauver qui que ce soit, si ce n'est des inconnus sans vraiment l'avoir voulu, sans que ça n'ai été l'objectif premier de mes exécutions. Un chien pouvant mordre pour ôter le souffle d'un quidam mais incompétent pour ce qui est de retenir celui de sa maîtresse, seulement bon à baisser les oreilles devant le danger et à renifler sans savoir su sur qui ou quoi lever la patte. Une immondice qui se morfond dans ce qu'elle n'a pas été en mesure d'accomplir et qui pourchasse une chimère et ses démons.

Quotidiennement, tel un cadavre ambulant, la populace des bas fonds peut voir s'animer avec dégoût une créature qui a tout l'air d'être atteinte par la rage ou bien la peste, si ce n'est la lèpre tant le manque d’hygiène se fait flagrant. À quoi bon prendre soin de soi, s'il n'y a plus personne à impressionner ? S'il n'y a plus un regard pour se poser sur soi ? Qu'importe ce à quoi peut bien ressembler cette épave que je représente, du moment que la barque -aussi pourrie puisse-t-elle être- est toujours en mesure de tenir à flots pour voguer sur la crasse dans l'espoir de trouver un fragment de raison, de justice. De la rage ou de l'animosité, quoi que cela puisse-t-il être, qu'importe l’adjectif qu'on peut bien y associer, ce qui jusque-là m'a permis de tenir, c'est cette soif de massacre. Une bête féroce gronde en mon fort intérieur et elle n'aspire qu'à une seule chose: la suppression totale des perfidies qui sont à l'origine de toute cette détresse. Elle n'était pas partie parce qu'elle le voulait mais parce qu'on l'y a contrainte et pour cela, elle m'avait refusé ce que je lui ai toujours réclamé pour me préserver, elle m'a interdit le droit de la suivre. Aurait-elle vraiment souhaité que je poursuive mon existence avec l'esprit de vengeance ? Certainement pas. Mais, il n'est pas possible pour moi de mener ma vie autrement, même si pour cela j’entâche peut-être ses dernières volontés, des vœux qui sont restés muets, des promesses silencieuses et non avouées.

À l'image d'un rat qui parcourt les couloirs des égouts, c'est au sein des ruelles malfamées que les clochards ont appris à mettre un semblant d'identité sur mon ombre dégingandée. Si j'ai pu avoir des limites dans le passé, sans elle à mes cotés, toutes se sont faites submergées et ce n'est pas ce pauvre objectif que je me suis donné qui allait m'aider à tenir une forme de stabilité, bien au contraire. Malsain et désespéré, me servant plus d'excuses qu'autres choses, il n'était pas la réponse de mon comportement et ne me donnait en rien plus de droits que pouvaient avoir les autres. Cependant, même si j'en avais parfaitement conscience, ce n'est pas ça qui m'empêchait de me lancer à corps perdu dans des batailles parfois insensées et ce dans l'unique but de décharger de manière éphémère cette rage qui me brûle, un fourneau qui ne veut pas s'éteindre et qui me ronge chaque fois un peu plus. Un regard mal placé, une bousculade, un mot de travers, qu'importe les raisons, il ne fallait tout simplement pas se retrouver là, à cet instant présent. Si crever ici et maintenant, lamentablement, fait parti des possibilités, raison de plus alors pour s'y fracasser puis qu’au final, c'est le terminal qui m'attend aussi bien dans la réussite que dans l'échec. Alors, à quoi bon lutter ?

Parmi la poussière, perdu dans le pénombre d'une ruelle entre deux bâtiments mal entretenus, en accord avec l'orchestre naturel qu'est la pluie qui s’étend sur la ville de Monokuro, pouvait s'entendre, il y a quelque heures, les coups qui se sont abattus sur ma face. Cette bouteille de verre qui s'est fracassée sur mon crâne et qui maintenant voit ses restes disséminés sur le bitume apporte à cette scène la lueur déplorable qui lui manquait. La lumière d'un pauvre néon qui peine à éclairer l'endroit se reflète sur les éclats dont une partie d'entre-eux scintille dans une teinte différente parce qu'imprégné de mon sang, enfin, de la chiure qui coule dans mes veines. Je n'ai pas pu retenir un ricanement quand ma sale tête s'est reflétée, dans un débris de verre en me laissant alors voir l'être pitoyable que je suis devenus. Je fais peine à voir. Je me fais pitié et me répugne. Qu'étais-je donc devenu en si peu de temps, en tout juste deux ans ? Une pourriture capable de rien, un malpropre qui se fait rétamer la gueule comme la pire des merdes et qui en plus de ça, s'en marre. Quelle raclure je pouvais bien être, rien d'étonnant à ce qu'on me refasse le portrait et ce n'était pas ce coup de savate qui venait de m'exploser la lèvre qui allait me faire entendre le contraire, c'était amplement mérité, c'est ce dont j'avais précisément besoin. Une correction, un coup de pouce pour me ramener à la réalité, mais aussi pour me pousser à cesser ce cinéma et me laisser une bonne fois pour toute clapser comme le misérable que j'étais. Ils auraient dû me planter, me trancher la gorge ou bien même me couper ce qui restait de ma virilité et m'abandonner ensuite me vider de mon sang comme un moins que rien. Ils ont essayé pourtant, sans avoir pu y parvenir malgré tout, à croire que j'avais encore la force me redresser et de m'accrocher à...à quoi ? Je n'en sais fichtrement rien. Cela étant, j'étais toutefois resté les genoux au sol à regarder l'autre crevard qui me tenait la tignasse et me maintenait la face relevée de son doigt fermement appuyé sur mon cache œil, menaçant de l'y enfoncer pour au final se contenter de me cracher au visage et m’asséner son poing dans le nez à trois reprise avec suffisamment de force pour que se fasse entendre un craquement d'os. Était-ce de moi ou de ses phalanges, j'étais bien trop sonné pour réaliser quoique ce soit de toute manière. Ce n'est qu'après s'être assuré que je ne me relèverai pas qu'ils s'en sont allés, non sans  m'avoir broyé une ou deux côtes au passage, d'un bon coup de pied. J'étais une loque et c'est comme telle que je me suis effondré avec l'espoir de ne pas me relever, l'espoir de pouvoir partir cette fois, que j'en avais l'autorisation après avoir survécu tant de temps, même sans avoir accompli le moindre bien fait.

Le noir total, le néant. Pas un son, pas un souffle, pas âme qui vive. Il n'y a rien autour de moi. Est-ce ce qu'on appelle ça l'autre monde ? Est-ce ici qu'elle se trouve ? Quelque part dans cette obscurité, seule et perdue, à m'attendre ? Comme si le paradis pouvait réellement exister de toute manière. Après la mort, il n'y a rien, c'est ce que je me suis toujours dis à chaque fois que j'ai dû rayer un nom sur la liste qui m'était donnée et en ajouter un nouveau à celle que je récitais pour m'endormir. Il est préférable de ne plus rien ressentir, ainsi, on n'aura plus à souffrir. Alors, qu'est-ce qui me donne cette étrange sensation ? Cet effroyable frisson comparable à une démangeaison, une éruption que je suis par ailleurs incapable d'éteindre ou du moins, atténuer. J'ignore ce que c'est, mais ce que je sais, c'est qu'on ne semble pas vouloir me laisser crever, à moins que ça ne soit un rat, un chat de gouttière ou bien un rapace, qui ait décidé de se repaître de ma carcasse avant que cette dernière ne soit définitivement sans vie. Un soubresaut, une réponse automatique des dernières forces qui me restent, une réponse inconsciente qui relève plus d'un réflexe qu'autre chose, mais qui, en dépit tout, me fait ouvrir la paupière une seconde à peine, un laps de temps suffisamment long pour qu'au travers de ma pupille se se profile une silhouette brumeuse ; un mirage, un souvenir. J'arrive.

Le froid aurait dû finir de m'achever depuis belle lurette et pourtant, rien n'y fait, on ne me laisse pas. Pire même, là où j'aurai dû sombrer, je me sens comme tirer en arrière vers la surface. Cette sensation qui m'était désagréable il y a quelques secondes se fait moins dévorante et plus présente, plus imposante. Sans avoir mon mot à dire, sans pouvoir résister pour ne jamais me réveiller, pour ne pas me retrouver à nouveau dans ce monde où rien ne m'attends, je subis à contrecœur cette vague de chaleur qui absorbe les engelures, et revigore mes muscles ensommeillés. Ce n'est pas une force nouvelle, ce n'est pas une source d'énergie régénératrice, mais un feu ardant qui maintient en suspens mon espérance de vie. Ce n'est pas là une fièvre étouffante que je peux ressentir, mais un souffle qui m'oblige à ne pas partir, pas maintenant, je n'en ai pas le droit il semblerait, il va falloir que je persiste encore un peu plus longtemps et que je trouve un endroit peut-être plus favorable. On ne souhaite pas que je me laisse dépérir ici, je l'ai bien compris, cette chaleur qui regagne mon corps est là pour me rappeler que je me dois de me réveiller et me relever, en espérant que ce ne soit toutefois pas une fausse lueur d'espoir. Qu'on ne me fasse pas subir tout ça pour mieux m'en faire baver demain. Je frémis alors, mes articulations me tirent et me font mal, une douleur qui me sonne et me fait savoir que je suis vivant. Mon bras s'anime lentement, les fourmis qui l'avaient envahis se dissipant au rythme de la sortie de ma somnolence. Ma main cherche un appui, un point d'encrage, de quoi raccorder mes capteurs sensoriels. Ce que je touche est froid, terriblement et effroyablement froid. Légèrement humide, mais pas suffisamment pour que je capte instinctivement qu'il ne s'agit pas du sol dans lequel je baigne depuis tout à l'heure. Autour je perçois encore les vibrations que produisent les gouttes qui s'écrasent et s'estompent dans les flaques d'eau en apportant avec elles une musique assourdissante mais qui, l'espace de quelque secondes, se fait silencieuse derrière le solo lent et étouffé d'une percution qui ne m'est pas inconnu : le cœur.

Contre mon bras résonne les battements d'un cœur qui s'affaiblit, un rythme qui se casse et s'endort, et dont la provenance m'est étrangère. Sous mon buste, en contact avec chaque parcelle de ma peau, aussi abîmée puisse-t-elle être, je perçois une forme frêle, fine et gelée. D'un mouvement de la tête, de l'ouverture d'une paupière, il ne me suffit que d'un geste pour relever le visage et poser sur ce qui m'enlace, un regard perdu et intrigué, légèrement flippé aussi. De la peur, craintif de ce qui s'est passé durant ma perte de conscience, je me rend compte que je ne suis pas seul, ou pas comme je l'espérais en tout cas. Lorsque mon unique œil retrouve de sa cécité et qu'enfin une image s'imprime sur ma rétine, ma bouche s’entrouvre sans que je ne puisse rien y faire pour manifester un mélange d'incompréhension et de stupéfaction. Subjugué, c'est bien ce que je suis lorsque sous mon torse se dessine une silhouette, qui, semblerait-il, a pris soin de moi pour ne pas me laisser dépérir. Un gargouillement se fait éprouver au creux de mon estomac suivi d'un long frisson qui me grignote et me donne la chair de poule. L'humidité ambiante n'est pas pour me réchauffer et pourtant, contre cette personne, je n'ai étrangement pas froid, contrairement à elle qui m'a tout l'air d'être dans un état léthargique. Elle fait de l'hypothermie.

-O.....He-Hey. Réveille toi.

Ma voix meutrie se sort que comme un filet rauque, abîmée à cause de l'atmosphère qui s'est attaqué à ma gorge en plus de la bile de sang qui me gratte. D'une main, je tente de la secouer légèrement pour l'interpeller, mais rien n'y fait, pas la moindre réaction et son souffle se fait plus brumeux et faible, pratiquement inaudible tandis que je m’aperçois de sa tenue. Ma pomme d'adam fait l'ascenseur et je déglutis avant de me mordre l'intérieur de la joue pour par la suite grogner sous la douleur d'une plaie qui vient de s'étirer sous l'action. Si je peux me laisser mourir, je ne peux cependant pas laisser quelqu'un en faire de même à côté de moi, pas quand tout laisse à croire que cette personne me soit venue en aide. Même si je n'ai en soi rien demandé, je lui dois au moins ça, je ne peux pas la laisser ici, dans cet état, dans cette rue dégueulasse et encore moins à coté de moi, elle ne mérite pas ça. C'est avec difficulté que je mets en marche les rouages brisés et usés du mécanisme de mon anatomie, puis m'élève balayant d'un regard l'environnement. La première chose que je dois faire c'est la mettre à l'abri de cette pluie glaciale et la protéger du froid de sorte à ce qu'elle retrouve des couleurs en espérant qu'il ne soit pas déjà trop tard. D'un geste vif et un peu maladroit, je me saisis du bout des doigts de l'épais manteau qui couvre mon dos -et qui par ailleurs ne m'appartient pas au vue de la différence de taille- pour venir l'envelopper afin de lui éviter de se tremper plus que nécessaire. La prochaine étape est de la mettre un endroit au sec, quelque part où il est possible de lui apporter les soins approprié pour la secourir. Hélas, aussi petite puisse être la ville de Monokuro, l'hôpital le plus proche se trouve à une distance bien trop éloignée pour l'y amener sans qu'elle ne passe l'arme à gauche sur le trajet.

J'ai déjà laissé une personne mourir sous mes yeux sans pouvoir rien faire pour elle, il est alors hors de question que je laisse cela se reproduire une seconde fois. Pas de temps à perdre, adviendra ce qui viendra par la suite, au risque de me prendre une bonne gifle lorsqu'elle se réveillera, je n'ai actuellement pas le choix que de l'amener au lieu que je connais le mieux dans cette partie du quartier. Vivement alors, c'est toutefois avec précaution que je viens me pencher par dessus sa silhouette prostrée et passe mes bras sous son corps pour la soulever, surpris autant par l'énergie qu'il me reste que par son poids qui me semble si léger et si familier.  Ce l'ammarache presque un rictus qui n'est plus apparu depuis longtemps à contrario de la situation. D'un mouvement, je la manipule et fait passer ses bras autour de mon cou en m'aidant de son écharpe pour nous lier l'un à l'autre et la maintenir au prés de mon visage. Elle sent bon. Cette constatation me fait frémir et me donne une sensation de dégout dans la gorge, non pas pour elle, mais pour moi-même qui me répugne d'avoir fait attention à ce détail. De ma dextre, je viens me saisir de ce qui semblerait être son sac pour le plaquer à elle afin de pouvoir prendre la route en direction d'une destination où une adolescente n'a rien à faire en temps normal : un Love Hôtel. La situation géographique de notre position ne me permet pas de l'amener autre part et je sais par avance que je vais devoir m'excuser pour les regards qui risquent de se poser sur elle.

C'est dans une tenue déplorable, pratiquement mis à nu, que je parcours les rues avec dans mes bras une jeune femme endormie, de quoi alerter les forces de l'ordre s'il y avait eut plus de monde dans les parages pour me signaler. Fort heureusement, ce n'était pas le cas d'autant plus que je connaissais les petits raccourcis pour me rendre au plus vite à notre destination de circonstance. La personne qui se trouve à la réception ne donne pas signe d'être surpris, peut-être parce que ce n'est pas la première fois que je viens ici ou bien, parce que ce genre de cas semble plus fréquent qu'il n'y paraît, un état de fait sur lequel je ne peux me prononcer. Il ne lui a pas fallu beaucoup de temps pour me remettre une clé sans prendre la peine de vérifier nos identités, une raison de plus au "pourquoi" je me rends ici habituellement lorsque je dois régler des petites affaires. Je n'échange pas de banalités, je préviens seulement au préalable que je vais avoir besoin de la ligne téléphonique un instant sans l'informer de la raison, mais avant d'avoir pris le pas jusqu'à la chambre qui m'a été attribué afin d'y laisser se reposer cette fille qui ne donne aucun signe de rétablissement encore. Je m'en tortille le cou, gêné de ne voir aucune progression, mais aussi apeuré que ce ne soit trop tard. Je ne peux pas faire beaucoup plus pour le moment, si ce n'est un acte qui me vaudra non pas une, mais deux gifles lorsqu'elle se réveillera : reproduire ce qu'elle a fait pour moi et lui faire partager ma chaleur corporelle. Je peux me réconforter en me disant que c'est un lieu approprié pour échanger ce genre de proximité, ce même avec une inconnue. Ça me fait doucement rire, mais je n'ai que ça à lui offrir, il n'y a que ça que je puisse faire. Alors, après l'avoir confortablement installé sur le matelas, je finis de retirer ses habits trempés par la pluie, puis la rejoins sous le drap et l'enlace contre moi avec fermeté. Je la serre, encore et encore, comme si ma seule volonté pouvait m'aider à la réchauffer plus vite. -Tu ne peux pas partir toi aussi.
-
@feat Vanilla Love you.
Awful
rédigé par Vanilla Saionji le Ven 26 Oct - 18:04
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It was raining the day, I met you.

toute rencontre n'est pas le fruit du hasard.

Rêver, voilà un exercice que je n'avais pas fait depuis bien longtemps. Peut-être parce que j'avais le sommeil trop lourd ou au contraire trop léger, peut-être parce que plus rien ne m'intéressait suffisamment pour mériter d'y penser, ou peut-être parce que je n'étais pas assez imaginative pour commencer. Est-ce que je manquais d'ambitions ? Il est vrai que je n'avais jamais désiré bien plus que ce que je possédais, pas même l'affection de mes parents, mais je ne pensais pas que c'était une tare, ni même un tort. De cette façon, je n'avais pas compté une seule fois sur l'amour d'un autre pour faire mon bonheur et j'étais libre de passer ma vie sans avoir à me soucier du bien-être et de la satisfaction d'un tiers partis. Alors que mon esprit s'étiolait et que mon corps s'endormait, engourdis par le froid au point que je ne devinais même plus le sol sous mes jambes, je songeai avec gratitude que l'idée de ma mort ne m'apportait que bien peu de remords. Personne à regretter, aucune larme versée sur mon cercueil, je m'en irai sereinement, consciente de ne laisser derrière moi ni malheureux, ni veuf éploré, pas un seul orphelin, ni même un parent au visage défait. Je n'aurai dérangé personne dans mes derniers instants, à part peut-être le pauvre bougre qui aurait eu le malheur de tomber sur ma charogne dépérie et moisie par les mois. Sans doute en décomposition, j'aurai occupé le temps à nourrir les rats, les corbeaux et les vers. Mère et Père ne réclameraient pas mon corps, peut-être même pas au courant de ma disparition, ils assumeraient sans conséquences que j'avais juste décidé de couper les ponts. Et je finirais ainsi à la fausse commune. Quoi de plus normal, dans le fond, que de débarasser la ville d'un cadavre non identifié, si abîmé et éviscéré qu'on ne voudrait pas le conserver davantage en raison de son odeur qui donne la nausée. Déjà, je pouvais me sentir tomber dans la profonde fosse, enterrée entre les bras et les jambes de tous mes nouveaux compagnons d'infortune, les dépouilles en putréfactions des criminelles de toute la région.

Comme pour me confirmer l'idée, des mains me soulevaient brusquement de terre et me tenaient par les hanches. Une ombre mouva sous mes paupières et il me sembla que je dodelinais de la tête. Est-ce qu'on me ramassais pour mieux me jeter aux ordures ? J'aurai voulu leur dire d'arrêter, mais je n'en trouvais ni la force, ni le courage. Rien que me racler la gorge paraissait être un effort insurmontable et ma voix n'était qu'un lointain échos empâté qui ne rimait à rien. Et puis qu'importe, on pouvait bien me jeter et je pouvais bien finir comme un pantin brisé sous une montagne de débris. Au point où j'en étais, ce ne serait ni plus douloureux, ni plus atroce que la brûlure gelée du froid qui me mordait impitoyablement jusqu'au plus petit des intestins. Non, mourir n'était pas effrayant. En fait, c'était même moins terrifiant que le souvenir de ces montres tapis sous mon lit la nuit, quant à trois ans les soirs d'été je me cachais la boule au ventre pour échapper à leurs crocs acérés. A cette époque, un majordome avait mangé les bonnes et je l'avais aperçu un soir, la bouche en sang et les yeux rouges, à sourire comme un démon. Il avait depuis hanté toutes mes nuits et aujourd'hui encore, alors même que je le savais sous les verrous et loin d'ici, je ne peux m'empêcher de repenser à son avidité et à sa démence. Le fou avait-il attendu avec impatience de goûter à la chair tendre de mes cuisses ou de mes joues ? Un frisson me parcourut à cette idée et je tremblai, prise d'une terrible fièvre. Soudainement ses doigts étaient sur mon corps et tâtaient la viande et la graisse à manger, ils m'arrachaient tous mes habits de force et me laissaient nue, prête à être rotie dans le four des enfers. Caressants, ils me terrorisaient et je couinai, incapable de lever, ne serait-ce que le bras pour les repousser ! Le monstre allait me dévorer.

-Tu ne peux pas partir toi aussi.

Le murmure chaud s'écoula à mon oreille et me fit l'effet d'une plume posée contre mon coeur, si léger et si doux. Etait-ce la voix de mon père ? Attendait-il au bord du lit, prêt à me protéger de ce démon au regard de braise et à la bouche de requin ? Ou était-ce ma mère qui avait écarté ses crocs de ma nuque et me réchauffait désormais si tendrement ? Un soupir d'aise m’échappa et je retrouvai soudainement cette rassurante sensation de chaleur qui avait tant manqué à mon corps meurtri. Enfin, j'étais en sécurité.


….


L'esprit brumeux, j'ouvrai un œil, puis un autre, désorientée par les odeurs et la vue de ce plafond gris qui ne ressemblait en rien à celui de ma chambre, blanc et jauni par les années. Celui-ci, sans être dans un meilleur état, était aussi bien plus désuet et bien moins fissuré. En fait, il ressemblait à un de ses vieux plafonds d’hôtels de secondes mains où on s'arrête le temps d'une nuit faute de mieux, ou d'argent. Et c'était exactement ça... Réalisai-je, alors que les bords de ma conscience se faisaient plus écharpées. Je m'étais déjà arrêtée dans ce genre d'endroits par le passé et à plusieurs reprises; en particulier, les après-midi de janvier où les températures glaciales -couplés aux effets néfastes de mon pouvoir- engourdissaient mon corps d'une torpeur dangereuse. Etait-ce, ce qui s'était passé ? Un mouvement dans mon dos me figa brusquement et comme dans un flash, tous les évènements de la soirée me revinrent en tête avec une persistance crue qui me fit ravaler un halètement de douleur. J'étais sûre de développer une migraine carabinée d'ici quelques secondes.

Ma vision plus nette, tout avait beaucoup plus de corps et de matière, et rien n'était plus flou, ou intangible. Je pris alors conscience, non sans déglutir, du bras autour de mes hanches, musclé et nu contre mon ventre, mais aussi des doigts qui caressaient la rondeur d'un de mes seins, du nez et de la bouche enfouis profondément dans mon cou, sur ce point, là, pile au dessus du battement effrené de mon poul. J'eus un haut le cœur et me plaquai mes deux mains à la bouche pour retenir un cri terrorisé. Les yeux clos, je ravalai quelques larmes de panique et me forçai au calme en dépit de l'envie de vomir qui me taraudait désormais la gorge à l'en saigner. Un goût de cendres embrasa mon palais tandis que mon estomac se retournait sous la nausée. J'étais nue, complètement nue, contre le corps d'un homme que je ne connaissais pas, qui plus est à l'intérieur d'un hôtel et d'une chambre à l'évidence, prise au piège et vulnérable, sans moyen de défense. Il me fallu tout mon sang froid pour me mordre la langue et retenir une vague de tremblements incontrôlables qui auraient en un instant alerté mon kidnappeur. Concentre-toi Vanilla ! Ce n'est peut-être pas ce que tu imagines... Evalue la situation, évalue tes options, tente de comprendre ce qui t'entoure et ce qu'il se passe.

Le souffle court, je décidai de descendre une main furtive jusqu'à mon entrejambe que je caressai une seconde le temps de constater avec un soulagement infini, qu'il n'y avait entre mes cuisses, ni traces de fluides étrangers, ni sang. Je ne ressentais également aucune douleur au niveau de mon bas ventre ou de mon dos, alors je n'avais pas été violé. Cela me rassura assez pour que j'ose examiner le bras qui me retenait fermement contre un corps que je devenais à la fois chaud et poisseux. Poisseux... comme si on l'avait arrosé de terre ou de boue. Le rapport se fit dans mon esprit et si j'avais encore eu une hésitation sur l'identité de mon ravisseur, celle-ci s'effaça quand je reconnus la main abîmée de cicatrices qui me tenait par la taille. C'était celle du clochard que j'avais essayé de secourir un peu plus tôt dans la nuit, elle était identifiable entre milles à cause de la cicatrice sur le haut de son pouce. Eh bien, Vanilla, tu vois... Vilaine fille, toujours à t'imaginer des horreurs. Ce n'était rien de ce que tu pensais !

Même si notre présence conjointe dans cette chambre d'hôtel ne me rassurait pas, au moins je pouvais largement imaginer la raison pour laquelle il m'avait emmené ici. Mon plan avait marché, je l'avais sauvé. De son côté, il avait dû se réveiller et dans un retournement de situation assez ironique, se retrouver à son tour avec un corps désespérément glacé et inerte à protéger. En quête de chaleur, il avait trouvé la force et le courage de me transporter jusqu'au lieu le plus proche. C'était plutôt noble et généreux de sa part, surtout qu'à mon souvenir son corps brisé ne m'avait pas semblé très solide, me porter n'avait donc pas dû être facile. D'ailleurs, cette sensation de crasse dans mon dos ne me disait rien qui vaille et j'avais peur que dans son pseudo héroïsme, il ne se soit blessé davantage.  

J'attrapai du bout des doigts le poignet en appui sur le haut de mon corps et l'écartai sur la droite pour me dégager. Sans sortir du lit, et aussi discrètement que possible, je me saisis d'un bout du draps pour couvrir partiellement ma nudité et regardai autour de moi, à la recherche d'un peignoir ou d'un habit sec. Je n'avais absolument pas envie de rester dans cette position embarrassante et sans être la plus pudique, je n'avais jamais montré ma tenue d'Eve à qui ce se soit, même pas à ma mère. Comme pour confirmer, au cas où, que le corps endormi que j'avais dans le lit était bien celui de mon hypothermique favori, je me retournai sur le côté avec appréhension. Dans mon champs de vision s'afficha aussitôt un visage émacié. Je n'avais pas pris le temps de l'observer plus que ça toute à l'heure, mais cette fois je fus saisi par l'harmonie et la fermeté des traits de ce faciès qui semblait taillé dans le marbre. Cet homme était un bel homme, et je ne pus empêcher un certain contentement tout féminin de naître entre mes côtes. Quelle fille n'apprécierait pas de se retrouver au moins une fois à côté d'un bel apollon assoupi ? Sans que la situation ne soit au romantisme, sans même que je sois spécifiquement intéressée par lui, je trouvais juste cela agréable d'avoir un beau garçon à côté de soi. Le sentiment fut néanmoins de courte durée quand je constatai que le draps et le coussin où il reposait sa tête était imbibé de sang. Je pâlis aussitôt et tremblai, livide. L'idiot ! -songeai-je vertement. N'avait-il pas eu la jugeote de demander à quelqu'un d'examiner ses blessures après m'avoir emmené à la reception ? C'était un inconscient fini et suicidaire. Je secouai la tête vigoureusement. S'il mourrait maintenant d'une infection ou d'une perte de sang, tout ce cirque n'aurait servi rien ! Maugréant dans ma barbe, je m'empressai donc de venir examiner le poul à son cou de deux doigts et constatai avec soulagement qu'il battait fort. Il n'avait pas l'air mourant du tout. Peut-être donc que le sang n'était pas si alarmant.

Je savais par expérience que les blessures au crâne ou au front, ou même à l’arcade sourcilière, saignaient en abondance. Sans être alarmantes, elles étaient souvent impressionantes. Peut-être lui faudrait-il donc quelques points de suture. Les doigts portés à mon menton pour y gratter le sang séché qui s'y trouvait amassé en une croûte désagréable, je rampai jusqu'à son corps et commençai à l'examiner religieusement. Il avait des bleus aux hanches, larges et violacés. Il faudrait le faire examiner par un médecin, mais comme il n'avait pas l'air d'avoir la respiration sifflante, j'étais rassurée à l'idée qu'aucun os n'avait dû touché ses poumons. Je me relaxai un peu. De longues estafilades couvraient également son bras droit, mais ce n'était que des coupures. En revanche, son nez, lui, était clairement cassé et très enflé. Je grimaçai. Il avait aussi une entaille près de la tempe gauche et c'est cette dernière qui saignait encore. Dans ma tête, je me fis au compte goutte une petite liste de ce que j'étais capable de traiter sans aide. Je pouvais désinfecter ses coupures et la blessure à son front. Je pouvais même l'aider à remettre l'os de son nez en place et lui coudre peut-être, bien que sommairement, le crâne. Sans être une experte ou une étudiante en médecine, j'avais déjà assisté à ce type de procédures au manoir. Il n'était pas rare que quelqu'un se coupe la main et plutôt que d'aller à l'hôpital, c'était la jolie Elisabeth qui s'occupait de rabibocher les domestiques maladroits. Elle m'avait appris à faire des points propres et remettre une épaule en place peu avant son départ. Rassurée à la perspective de tout ce que je pouvais faire pour l'aider, j'attrapai le téléphone qui gisait sur la table de chevet et le décrochai.

-Oui, allo la réception ? J'aurai besoin d'une trousse de premiers soins. Mon ami s'est ouvert et il me faudrait des bandages, du désinfectant, de l'arnica et de quoi lui faire des points. Si vous avez aussi un médecin dans l'hôtel qui peut lexaminer ses cotes. Je crois qu'elles sont cassées... Je paierai pour tous les frais. Oui, je suis Vanilla Saionji. Nous sommes au Love Hotel Beau Désert n'est-ce pas ? Je suis déjà venue l'autre fois, quand j'étais malade. Ah, vous vous souvenez de moi ? Oui... Oui c'est parfait, merci pour votre aide.

Comme quoi être riche avait toujours du bon, surtout quand on tombait en rade à l'improviste et finissait toujours irrémédiablement par atterrir dans ce genre d'endroits mal-propres. Je n'aimais pas trop me servir de mon nom de famille, mais tandis que j'observais cet homme prostré et affaibli, je me disais aussi que c'était pour la bonne cause. Bientôt, on toqua à la porte et je sortis de la chaleur des draps pour aller ouvrir, m'assurant de prendre un peignoir dans la salle de bain au passage et m'en couvrir. Le médecin que j'avais demandé rentra dans la pièce le temps de vérifier le triste état de mon nouveau petit ami improvisé et je posai la trousse de secours sur la table ronde à deux pas du lit, pour l'ouvrir et en vérifier le contenu.

-Il a deux côtes fracturés, mais heureusement ce n'est rien que je ne puisse pas traiter avec un peu de ma magie de soin. Je vais ressouder ses os, ce qui va sans doute le réveiller. Je vais aussi lui prescrire une potion pour son nez et les éventuels douleurs qui vont subsister dans ses muscles. Ca vous coûtera assez cher, mais je suppose que vous avez les moyens.

Je me contentai de hocher la tête. Pas la peine de répondre, du moment qu'il faisait son travail comme il faut, je le paierai à la centime près. Je n'aimais pas trop discuter avec tous ses experts et professionnels, plus je me passais de leurs services, mieux je me portais. Je préparai du coton et un peu de désinfectant quand dans mon dos, j'entendis un grognement. Le médecin s'écarta tandis qu'un mouvement et le bruit du matelas qui craque m'alertèrent quant au fait que mon bel endormi venait de se réveiller. J'entendis le docteur lui murmurer personnellement quelques mots que je ne compris pas, avant de s'éclipser. La porte claqua pour signaler son départ et je restai plantée, telle une stupide potiche, incapable de me retourner. Les mains agitées de tics, j'étais certaine de pouvoir sentir son regard doré me lécher la peau du dos. J'étais terrorisée et effrayée. Et s'il était en colère ou violent, s'il prenait mal mes intentions ? Que faire s'il décidait de me manger ? Belle idiote que tu fais Vanilla ! Tu aurais peut-être du t'en soucier avant, tu ne crois pas ? Désabusée par ma propre naïveté, je lâchai d'une voix étranglée et très fluette.

-Ce n'est pas très intelligent de s'endormir sur la chaussée. Si je n'étais pas tombée sur vous par hasard, vous seriez mort de froid, pauvre idiot !

Insulter quelqu'un pour toute forme d'introduction témoignait de mon grand tact habituel, mais j'étais clairement paniquée et prise de court. Je ne savais juste pas quoi lui dire. Rougissante, je me retournai enfin et parce que je n'avais pas envie d'être lâche en dépit de tout mon corps qui se mettait à avoir la tremblotte, je plongeai sans équivoque mes yeux avec détermination dans son unique, mais captivante prunelle jaune, si lumineuse qu'on aurait dit une flamme de bougie à la lueur incandescente. Une fois de plus sa beauté me coupa le souffle au point que j'en oubliais d'être surprise par la cicatrice à son autre oeil, soquette abîmée et désespérément creuse, comme si on en avait arraché la moelle intérieure.

-Je... -continuai-je péniblement subjuguée par l'intensité que je percevai émaner de tout son être.- J'ai préparé de quoi vous soigner, alors... Laissez-moi faire. Je vais vous remettre sur pieds et vous... Vous ne devriez pas recommencer, je serais triste qu'il vous arrive quelque chose.

Ridicule, ridicule, ridicule. C'est ce que je me répétais en boucle. Qu'est-ce qu'il pouvait bien en avoir à faire de tout ça, de mon souci ou de mon inquiétude ? Dans une minute, il allait se lever et me rire au nez, ou pis... S'approcher et me claquer pour mon insolence. Je m'étrécissai, la tête rentrée dans les épaules sans fuir pour autant son expression à la fois distante et réservée, en quête de la moindre grimace qui pourrait m'aider à comprendre le sort qu'il me réservait pour avoir eu l'audace de lui parler. Ce charisme de dominant qu'il exultait, m'affirmait néanmoins une chose dont je m'étais doutée: ce mâle là, c'était un prédateur. Un combattant ou un soldat, peut-être même un homme de la rue, mais en tout cas, un alpha et un carnivore. Aussi, s'il décidait de me manger, je ne donnais véritablement pas cher de ma peau. C'est donc dans un étrange mélange de fascination, de terreur et d'appréhension que j'ouvris l'oreille sans plus parler et avançai d'un pas lent pour m'assoir au bord du lit à ses côtés. Les doigts serrés sur mon peignoir, je tendis vers une de ses joues abîmées un coton plein de désinfectant sans oser pour autant le toucher et sans même détacher mon regard une seule seconde du sien. On ne m'avait pas appris à tourner le dos à un dominant, c'était tout au mieux suicidaire.  

-S'il vous plaît, dites quelque chose. J'ai peur... -avouai-je avec honte et soumission.
@feat Aamon Love you.
Awful
rédigé par Aamon Nurarihyon le Ven 2 Nov - 1:51
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It was raining the day, I met you.

toute rencontre n'est pas le fruit du hasard.




À croire qu'une bonne bouffée de chaleur n'est pas suffisante pour vous requinquer totalement. Pour preuve, à peine je m'étais enfouit sous les draps pour la réchauffer que je n'ai pas lutter longtemps devant l'invitation de Morphée, au contraire même, c'est limite si je n'avais pas sauté dessus. Mes bras autour de ce corps congelé, lorsque les premières sensations de chaleurs se sont fait ressentir, je sais que mon étreinte sur elle s'est faite moins écrasante et que, pris par le soulagement d'entendre les battements de son corps résonner dans sa cage, je me suis laissé aller à la fatigue que j'avais accumulé jusque là. Un nid douillé ou tout du moins assez confortable pour être supportable auquel on ajoute une présence qui n'a que trop manqué ces derniers temps, je ne pouvais faire autrement que m'assoupir en laissant en plan le pauvre réceptionniste que devait attendre mon appel, comme je l'avais prévenu plus tôt. Je ne saurai dire si mon sommeil fut doux ou agréable. Toutefois, pour la première fois depuis des lustres, je n'ai eu aucun mal à m'endormir, je n'ai pas eu la désagréable sensation de me faire dévorer le crâne par des diablotins en proie au désir de me faire revivre des affres de mon passé, des espiègleries qui ont tôt fait de me faire salir les draps par la transpiration, de me faire remuer et surtout de m'épuiser plus que nécessaire. Non, cette nuit, ce soir, ils ne sont pas venu me rendre visite pour me torturer comme ils ont l'habitude de le faire et sont gentiment restés en retrait, de quoi me laisser alors me reposer et récupérer une partie de mes forces.

Du mouvement se fait éprouver à mes côtés, je peux sentir sous moi le matelas s’affaisser un court instant pour dans les secondes qui suivent reprendre de sa forme, signe que l'on vient d'exercer une force sur sa matière et le libérer d'un poids, ce qui en tant normal aurait dû m’alerter et m'informer que ma bienfaitrice venait de se réveiller. Avant de m'assoupir, peut-être aurai-je du prendre des précautions dans le cas où elle aurait justement repris conscience avant moi, plus particulièrement quand on sait que j'ai terminé de l'aider à retirer le reste de ses vêtements. Se retrouver totalement nue dans un lit avec un parfait étranger dans une chambre habituellement loué pour y satisfaire des désirs primaires, la pauvre enfant doit avoir l'esprit tout retourné et bourré d'incompréhension. J'ai heureusement eu la pudeur de garder un semblant d'étoffe sur la partie basse de mon anatomie pour parer à toutes mauvaises surprises. Je sais ma respiration détendue et légèrement sifflante de par le renfoncement de l'os de mon nez qui obstrue mes cavités. Une voix se fait entendre, elle ne me réveille pas totalement mais me fait arquer un sourcil avant qu'une vive et brûlante douleur se fasse ressentir sous ma chair et autour de mon abdomen. Un craquement qui n'étais pas pour me faire du bien et qui de toute évidence n'avait pas pour intention de me réveiller en douceur. J'ai grogné automatiquement et c'est par pur instinct que j'ai posé un regard noir, voir même assassin au pauvre homme qui se trouvait à mon chevet.

La douleur aurait pût m'arracher un juron, mais aucun n'est sorti de mes lèvres ou du moins pas une formulation traduisible, seulement un beuglement de souffrance qui n'a pas été sans me faire me plier sur moi-même quelques secondes. Se faire briser les côtes quand on est sous les effets de l'adrénaline c'est douloureux, mais quand on les remet en état en les forçant à se consolider, même avec la magie et à froid, c'est encore plus insupportable et lancinant au point d'en faire peur par surprise le médecin qui ne faisait que son travail. Ce n'est qu’après avoir repris un peu de contenance et avoir senti sur mon épaule sa main en appuie pour m'obliger à  m'allonger, qu'il vient se pencher vers moi pour m'adresser quelques paroles. Des instructions entre autres.

-À ce rythme, seul votre volonté vous portera. Vous devriez songer à employer une autre méthode si vous tenez à en finir. Faites le sans y impliquer votre petite amie.


Une tirade qui ne rentre pas dans l'oreille d'un sourd et qui m'amène à me mordre la lèvre face à sa perspicacité. Le bougre a su voir en moi que ce n'était pas là qu'un simple passage à tabac et que parmi mes blessures, une partie d'entre elles sont récentes. Il a dû comprendre que je devais être dans une période peu recommandable et qui fait de moi un individus qu'il vaut mieux ne pas fréquenter, un poison pour son entourage et lui-même. Si je fronce les sourcils pour sa remarque, je ne dis cependant rien pour sa maladresse en ce qui concerne la nature de ma relation avec la gamine qui se tient à côté de lit à nous observer. Je sens sans mal son regard posé discrètement sur nous, curieuse de ce qui peut se passer dans son dos. Là où j'ai eu une autre grimace, c'est lorsque j'ai entre-entendu la note des frais pour la « consultation », une information qui ne me fait pas plaisir et qui me rappelle que j'ai maintenant une dette envers quelqu'un. En plus de lui devoir la vie, je lui dois de l'argent.

Le son de sa voix me fait sortir de mes pensées et m'oblige à relever la tête pour poser le regard sur elle. Elle semble intimidée et terrifiée. Son timbre de voix, si on ne tient pas compte de son insulte, me laisse entendre qu'elle a peur de moi. De quoi me surprendre et m'amuser quelque peu sans pour autant afficher quoique ce soit pour mieux la discerner et l'analyser. J'aurai pu mourir oui, c'est en quelque sorte ce que j'attendais à vrai dire. Était-ce une chance qu'elle m'ait trouvé par « hasard » ? Difficile à dire maintenant que je me retrouve allongé dans ce lit avec elle en face de moi. Son regard, c'est la première fois que je le capte et que je peux y distinguer la couleur. Un bleu azur qui ne montre aucune animosité, aucune force destructrices. On y voit pas une mer enragée mais plutôt un lagon doux et paisible, un calme qui m’insuffle une forme de sérénité. Je me sens face à ce regard étrangement apaisé et pur. Presque pur. Il avait fallut qu'elle se penche dans ma direction avec la maigre tenue qu'elle porte pour adopter une position qui n'est pas sans m'offrir une vue plongeante sur la naissance de ses courbes. Automatiquement je relève le visage pour ne pas avoir à violer son intimité plus que ce que je n'ai déjà fait en l'amenant ici.

-Tu as peur ?

Répétai-je un peu étonné de sa révélation bien qu'elle soit tout à fait compréhensible. Je me rend bien vite compte que ça ne doit pas être facile pour elle de me faire face, moi qui suit pour elle un parfait étranger, un homme recouvert de sang et de blessure qu'elle a trouvée dans la rue. Je ne peux pas m'empêcher de me poser des questions la concernant, comme par exemple : Pourquoi est-elle encore là ? Comme elle peut le constater, je suis vivant, elle a réussi à ma sauver, elle a rempli le rôle qu'elle s'était donnée. Comment se fait-il qu'elle n'ai pas profité de mon sommeil pour s'éclipser et retourner à son train quotidien ? De toute évidence, elle doit être naïve. D'un mouvement de la tête je fais craquer mon cou avant de poser à nouveau mon regard sur elle, toujours plus intrigué encore, aussi bien par sa présence, que par son comportement et ses paroles.

-Tu ne m'a pas l'air très maline toi.

Déclarais-je sur le coup en sachant parfaitement que ça n'a rien d'un compliment ni même d'un remerciement, chose que je devrai songer à faire par ailleurs, c'est le moindre que je puisse faire même s'il est vrai que je ne lui avais rien demandé. Dans un effort je me redresse pour me caler dans le fond du lit pour ensuite me pincer la lèvre et finir par à mon tour me pencher vers elle afin de lui donner accès à mon visage pour qu'elle puisse y appliquer son coton.  Subir son traitement, je peux au moins faire ça, ça n'a rien de sorcier. Puis, j'entends encore ses mots qui résonne dans mon esprit, ceux qu'elle a pu m'adresser avant que je ne succombe ainsi que tous les autres. De la tristesse. C'est bien ce qu'elle a voulu dire sauf que je n'y comprend rien, je ne comprend pas ce que ça peut lui faire ce qu'il m'arrive et ça ne fait qu'en réalité conforter mon opinion d'elle.

-Tu as conscience que me venir en aide n'est pas une très bonne idée ? Qu'est-ce que c'est, ta B.A.  De la journée ou un truc du genre ?

Demandai-je cette fois avec plus d'insistance et d'importance dans ma voix tandis que je me retrouve à quelque centimètre d'elle, capable de sentir son souffle sur mon visage et renifler par la même occasion la crainte qui semble l'animer. Elle tremble et transpire, ça me fait sourire sans que je ne puisse rien y faire pour le cacher.

-Tu ne devrais pas te montrer aussi facilement sans défense devant un homme que tu ne connais pas sans connaître ses intentions.

Je préviens à la fois pour la taquiner et observer sa réaction tout comme je ressens le besoin de l'avertir par inquiétude. Je n'aimerai pas qu'il lui arrive quelque chose parce qu'elle se serait montrée trop généreuse.

@feat Vanilla Love you.
Awful
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