Aimer n'est pas source de facilités (Pv Kerr)

rédigé par Willow Kilmer le Sam 20 Oct - 15:00
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Aimer n'est pas source de facilités.

De son point de vue et à quelques détails près, Willow Kilmer avait une vie tranquille et pas très compliquée. C'est-à-dire une vie qui ne valait pas le détour et dans laquelle il ne se passait jamais rien de bien trépidant.

Non vraiment, la vie de Willow était aussi banale que boire son café au-dessus des toilettes le matin, et cela même si elle habitait dans une ville peuplée d'hybrides colorées, magiciens à leurs heures perdues et pourvus de dents aussi effrayantes qu'une brochette de couteaux de cuisine.

Mais cela venait peut-être du fait que Willow, pour commencer, n'était pas spécialement intéressante non plus. C'est vrai ! En tant que petite humaine cachée sous une paire d'antennes à cafards, elle ne sortait pas le soir, n'était jamais invitée nul-part et n'avait toute-somme pas beaucoup d'amis.

D'ailleurs, cela ne rendait pas Willow particulièrement triste. Après-tout, Willow était une fille logique et elle concevait tout à fait qu'on n'ait pas envie de fréquenter un cafard. Parce que soyons honnête qui aimait les cafards ?

Elle-même n'aimait pas les cafards, elle n'avait jamais aimé les cafards, elle n'aimerait jamais les cafards. Pis ! Elle détestait les cafards, elle insupportait les cafards, elle abhorrait les cafards.

Cafard. Sous sa table à manger.
Les yeux globuleux, Willow écrasa l'intrus d'un coup de talon violent. Splash. Beurk.

Avec une grimace boudeuse, la bouche en cul de poule et les sourcils froncés par-dessous sa frange épaisse, Willow s'empara de sa chaussure souillée et alla l'agiter sur le balcon de sa fenêtre.

Ses croissants traînaient désormais abandonnés sur la table, et justement, en bas, la boulangère qui habitait l'appartement au-dessous du sien venait de sortir par la porte d'entrée.

Comme un signe du destin, ou la malchance habituelle qui popait le bout de son nez de temps à autre dans la vie de Willow, le corps du cafard choisi ce moment précis pour se détacher du soulier et faire un plongeon digne d'un nageur olympique dans le parfait chignon, de la si parfaite perruque - en vrais poils de chat, à se demander quelle pauvre bête la vielle mégère avait dépecé - de Mme Roseburry.

Déglutissant, Willow recula d'un pas et referma violemment les volets de sa grande baie vitrée... Avant de pouffer en silence. Dans le coin, il n'y avait personne pour apprécier Mme Roseburry.

Il faut dire qu'en plus d'être une vraie pète-sèche, aigrie et cruelle, Mme Roseburry était d'un charme rare. Elle avait toujours un mot à offrir à son prochain et un bon petit commentaire à faire, de quoi égayer votre matinée pour toute la journée à venir.

Oh et si jamais, il vous venait à l'idée de répliquer, elle enfoncerait avec une joie immense son gros nez huileux dans vos affaires, grattant de ses longs ongles vernis jusqu'à dénicher un secret salace et juteux à répéter à toute sa clientèle.

Or, Mme Roseburry du haut de ses deux mètres -c'était une grizzli, voyez-vous- adorait harceler Willow depuis qu'elle l'avait malencontreusement aperçu en train de distribuer des cookies au clochard qui vivait dans le carton d'à côté et qu'elle s'enhardissait veinement à chasser.

Pis, Willow dans un accès de colère rare, mais sincère -Mme Roseburry avait osé jeter un pauvre chat du sixième étage- s'était retrouvée à chanter ses louanges tous les midis affirmant à qui mieux mieux combien elle était tendre, douce et avenante à tous les nouveaux locataires.

Cette provocation hypocrite n'était pas tombée dans l'oreille d'une sourde et depuis tous les voisins de Willow l'évitaient comme la peste, pas pour le moins du monde envieux des foudres de Mme Roseburry.

Alors Willow était seule dans ce combat aussi. Toutefois, qu'importe ? Car, on y revenait encore et toujours, mais qui, quoi qu'il en soit, aurait pu aimer un cafard au point de lui venir en aide ?

Le rouge aux joues, Willow retourna s'asseoir à sa table pour essuyer les restes de son petit-déjeuner et récupérer sa boîte à couture. Aujourd'hui, elle irait coudre son costume dans le parc en bordure de la ville.

En effet, on était encore en automne et il ne faisait pas trop froid, pas assez en tout cas pour la dissuader d'aller se poser sous les platanes aux mille et unes couleurs.

Du rouge, du marron, de l'orange et du jaune, ils décoraient le parc d'une mer de feu en cette saison et donnaient à l'endroit des airs de jardins écossais. Ou du moins ce que Willow imaginait être un jardin en Écosse. Elle n'y était jamais allée au final, mais penser que cela ressemblait à Monokuro en cette jolie saison n'était pas désagréable.

Willow comme dit, était une fille simple, qui aimait les choses simples. Elle aimait la couture et les cookies. Elle buvait du jus de fruits frais et se piquait toujours le même pouce, le gauche, qui à force d'être percé semblait d'ailleurs, être plus gros et gonflé que le droit, un peu comme une bonbonne à vin trop pleine qui serait sur le point d'exploser.

Ce n'était pas très gracieux, mais Willow n'était pas très gracieuse de toute façon. Elle était grande comme une girafe et maigre comme une branche. Rien qui ne puisse jamais attirer quelqu'un selon le délicat, mais ô combien généreux avis de la vielle commère allergique aux chats d'en bas. Et c'était sans compter sur l'élément cafard...

C'est pourquoi, alors même qu'elle partait complètement décoiffée et son pull à l'envers, un manteau sous le bras et son matériel dans sa main gauche, Willow ne prit pas le temps de se regarder dans le miroir. Evidemment, c'est là qu'elle croisa Kerr. Kerr Glencoe, son voisin de palier, un artiste, un roux, un homme doux.

Willow cligna des yeux comme un poisson hors de l'eau et sentit irrémédiablement une vague de chaleur, maintenant familière, lui monter aux joues.

C'était toujours la même brûlure envahissante qui s'étendait comme un drapeau rouge sur son visage à chaque fois qu'elle croisait le regard brun de ce garçon précisément, doux et ensorcelant comme seule une bonne tasse de chocolat chaud par moins zéro dehors aurait du l'être.

Willow se mit à compter dans sa tête. Un, deux, trois... Quatre. Voilà, ça y est, les bulles étaient là. Elles remontaient le long de sa colonne vertébrale et éclataient dans le bas de son dos, provoquant une fine chair de poule et amenant à leur passage des tas de papillons dans son ventre. De leurs ailes châtoyantes, ils caressaient son estomac et la chatouillaient d'un battement furieux.

C'était une sensation déroutante et agréable à la fois, comme avoir couru un marathon sans avoir fait le moindre pas. Son coeur se mit à pomper le sang trop fort dans sa poitrine et elle grimaça de façon très moche, parce qu'il était si bruyant qu'elle ne s'entendait plus penser et qu'elle avait peur que ses vibrations folles n'alertent le jeune homme d'en face, entrain de fermer la porte, son carnet à dessin habilement calé sous son aisselle.

Kerr Glencoe était le coup de foudre de Willow et Kerr Glencoe était aussi l'absolu "doom" de sa vie. Quand Kerr était dans les parages, tout devenait si compliqué et confus que Willow en aurait presque pleuré d'exaspération.

Kerr était poli et avenant. Peu importe à quel point Mme Roseburry se montrait désobligeante, il n'avait jamais répliqué.

Il était discret et calme, il avait cette attitude posée et mystérieuse qui attirait Willow comme abeille au miel et elle savait -pour l'avoir honteusement espionné à la première occasion- qu'il dessinait merveilleusement bien.

Malheureusement depuis qu'elle avait hurlé haut et fort, il y a quelques mois déjà, qu'il était tout sauf le bienvenu dans cet appartement et qu'elle trouvait toutes ses œuvres affreuses, elle n'avait plus osé lui adresser la parole.

Était-il ridicule d'avouer qu'elle avait pleuré toute la nuit après cet incident ? Dans ces moments-là, Willow haïssait son don au point de s'en taper la tête sur le plancher, puis elle se rappelait : cafarde, humaine. Il n'aurait pas été intéressé par elle de toute façon.

Ce matin, toutefois, Willow se racla la tête pour trouver quelque chose à dire. Une impulsion stupide née du fait que sa chatte avait mis bas il y a peu, et qu'elle n'avait pas les moyens techniques, ni même financiers de garder les trois petits chatons à elle seule ou à l'abri de Mme Roseburry.

Comme pour l'encourager la belle Satanas -qu'elle avait sincèrement voulu appeler Ananas- vint se frotter à ses jambes depuis le hall d'entrée de son petit appartement aux odeurs de cannelle.

La gorge nouée Willow s'exclama bruyamment.

-Vous.... vous voudriez d'un chaton ?

Bravo Willow, très éloquent, il aura tout compris. Mais en même temps, elle n'osait rien dire de plus. Et si son pouvoir faisait encore des siennes ! Ce serait une catastrophe... Aimait-il seulement les animaux ?

Willow supposait que oui, il ne l'avait après-tout jamais dénoncé à Mme Roseburry. Ou alors, il s'en fichait très sincèrement. Il n'était sans doute pas du genre à mettre son nez dans les affaires d'autrui. C'était plausible aussi.

Elle continua donc sur sa lancée malgré ses genoux tremblants, aussi brave que possible même si elle menaçait de fondre comme un vieux pudding au sol à tout moment.

-Ma chatte à mis bas. Les petits sont sevrés et je cherche à les donner. Ce sont de beaux chatons. Vous avez l'air... chatons. -préféra-t-elle-résumer avec un sourire embarrassé et quelques gouttes de sueur au front. Seigneur, elle devait avoir l'air outrageusement stupide.

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